John Libbey Eurotext

L'Information Psychiatrique

Position d’ENUSP opposée à la contrainte en psychiatrie, position basée sur l’expérience Volume 93, numéro 7, Août-Septembre 2017

Auteur
Co-présidente du World network of users and survivors of psychiatry (WNUSP)
Administrateure de l’European network of (ex-) users and survivors of psychiatry (ENUSP), LAP, Vesterbrogade 103, 1.sal, 1620 Copenhagen V, Danemark
Fondatrice de Mind rights, Pays-Bas
* Correspondance
  • Mots-clés : contention, soin sous contrainte, droit de l’homme, santé mentale, hospitalisation sous contrainte, organisation des soins psychiatriques, vécu, justice, humanisation des soins
  • DOI : 10.1684/ipe.2017.1675
  • Page(s) : 579-86
  • Année de parution : 2017

Les expériences vécues constituent la base de la position d’ENUSP contre toute forme de contrainte en psychiatrie. Les expériences vécues montrent que la contrainte n’amène pas au bien-être, au rétablissement ou à la sécurité. Au contraire, les interventions forcées sont traumatisantes et retirent leur sens aux relations de soins. Par conséquent, les interventions forcées sont contre-productives dans les soins de santé mentale. Les expériences vécues montrent également qu’un soutien réel est possible lorsque l’on fait des efforts. Il y a grand besoin de réformer les systèmes de soins de santé mentale afin de satisfaire à l’obligation de « ne pas nuire » qui découle à la fois de la perspective éthique de la qualité des soins, ainsi que de la perspective des droits de l’homme. La Convention relative aux droits des personnes handicapées de l’ONU interdit l’utilisation d’interventions psychiatriques forcées et ces pratiques sont considérées comme des actes de torture et des mauvais traitements. En outre, le droit à la santé implique une interdiction de soins sous contrainte en psychiatrie. Plusieurs étapes doivent être franchies pour bannir la contrainte des soins de santé mentale. Il est urgent de mettre en place des soins de qualité. La législation devrait interdire la contrainte et plutôt se consacrer à l’organisation des soins. Des inscriptions dans un registre ne peuvent être effectuées sans possibilité de recours et de compensation dont le but est de reconnaître la gravité des violations des droits de l’homme commises. Toutes les victimes de violations des droits de l’homme ont le droit à un recours et à réparation. Des approches de justice réparatrice peuvent être très utiles, car elles adoptent une approche axée sur les besoins. Un processus basé sur la vérité et la réconciliation peut être un moyen efficace de découvrir et d’en apprendre davantage sur les besoins concrets et les solutions à apporter face à ces violations des droits de l’homme. Notre principal message est : toutes les voix devraient être entendues.