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Les rapports entre métacognition, cognition et fonctionnement dans la schizophrénie : données issues de l’étude de récits personnels Volume 88, numéro 4, Avril 2012

Auteurs
Roudebush VA Med Center (116H), 1481 West 10th St Roudebush VA Medical Center, Indianapolis, Indiana 46202, États-Unis

Il est établi par la recherche que de nombreuses personnes atteintes de schizophrénie présentent un déficit de leurs capacités métacognitives, c’est-à-dire une altération de leur aptitude à développer une pensée sur leur propre pensée ou sur celle d’autrui. Ces difficultés ont des liens avec les symptômes, mais ne leur sont pas réductibles. Une question pour la recherche contemporaine est de préciser les rapports entre ces déficits et les autres types de déficits cognitifs, ainsi que l’impact de ces différents déficits – cognitifs et métacognitifs – sur les capacités fonctionnelles. Alors que la cognition se dégrade pendant la première phase de la schizophrénie, la capacité de développer une pensée sur ses propres pensées est-elle parallèlement altérée ? En outre, même s’ils sont liés à des déficits cognitifs, les déficits métacognitifs ont-ils un impact sur le fonctionnement indépendamment des déficits cognitifs ? Les fonctions métacognitives sont-elles médiatrices de l’impact des déficits cognitifs sur le fonctionnement quotidien ? Pour explorer ces hypothèses, cet article passe en revue des études récentes qui ont fait progresser notre compréhension de ces questions, portant sur la métacognition telle qu’elle se manifeste spontanément dans les récits autobiographiques d’adultes présentant des troubles du registre de la schizophrénie. Nous présenterons des résultats montrant que des déficits de la mémoire verbale et des fonctions exécutives peuvent interférer avec la capacité d’élaborer et de garder présent à l’esprit une représentation de ses propres états internes aussi bien que de ceux d’autrui. Nous évoquerons ensuite des résultats suggérant que les déficits métacognitifs ont un impact sur l’évolution des capacités fonctionnelles et conditionnent l’impact des déficits cognitifs sur le fonctionnement.