John Libbey Eurotext

L'Information Psychiatrique

Les fondements constructivistes de l’antipsychiatrie Volume 93, numéro 6, Juin-Juillet 2017

Auteur
CP St Bernard, 43, rue Empain-Manage, 7170 Manage, Belgique, 12, avenue Lepage, 1300 Wavre, Belgique
* Correspondance
  • Mots-clés : antipsychiatrie, constructivisme, hôpital psychiatrique, psychiatrie sociale, histoire de la psychiatrie
  • DOI : 10.1684/ipe.2017.1657
  • Page(s) : 457-63
  • Année de parution : 2017

Cet article a pour objectif de réinterroger les liens entre un modèle épistémologique, le constructivisme, un modèle de soins, les soins communautaires, et un mouvement propre à la psychiatrie, l’antipsychiatrie. L’article rappelle l’origine du mouvement constructiviste, montre comment des sociologues et des philosophes se sont emparés de ce mouvement pour remettre en question certains diagnostics posés en santé mentale ce qui a alimenté le courant antipsychiatrique des années soixante et septante. Une conception naturaliste des maladies mentales implique une causalité déterministe qui ne laisse aucune place pour la contingence et la liberté du patient. C’est la raison principale pour laquelle le constructiviste et l’antipsychiatrie accusent les maladies mentales, en général, et la schizophrénie, en particulier, de n’être qu’une construction de la psychiatrie. Un rappel historique permet de se souvenir que l’hôpital psychiatrique n’est pas synonyme ni de l’exclusion de la folie ni d’une conception naturaliste de la folie. Il est important de différencier une question épistémologique (comment définir et classifier la folie) et une question sociale (où et comment la prendre en charge). Il est inexact de penser qu’une conception naturaliste des maladies mentales est le propre de la psychiatrie classique hospitalière et que les soins communautaires en sont épargnés ou de faire croire que la construction des diagnostics psychiatriques soit à l’origine de l’exclusion de ces personnes aux discours ou comportements socialement inadaptés.