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Évolution des modifications cérébrales au cours des psychoses précoces Volume 86, numéro 6, juin-juillet 2010

Auteurs
University of Maryland, Maryland Psychiatric Research Center, College Park, MD, Hôpital général universitaire Gregorio Maranon, Unité Adolescents, Département de psychiatrie, Madrid, Espagne, Université Miguel Hernandez, Instituto de Neurociencias, Alicante, Espagne, Hôpital Général universitaire Gregorio Maranon, Unidadd de Medicina y Cirurgia Experimental, Madrid, Espagne, National Institute of Mental Health, Child Psychiatry Branch, Room 3N202, Building 10, Central Drive, Bethesda, MD20892, Warneford Hospital, Highfield Adolescent Unit, Oxford, UK
  • Mots-clés : schizophrénie précoce, IRM, enfants, adolescents, psychose, neurodéveloppement
  • DOI : 10.1684/ipe.2010.0650
  • Page(s) : 513-27
  • Année de parution : 2010

Des pertes progressives de volumes de substance grise et des augmentations de volumes ventriculaires ont été observées à l'adolescence chez des patients présentant des schizophrénies de l'enfance. Des études longitudinales indiquent que le rythme de perte corticale observé à l'adolescence dans les schizophrénies à début très précoce (COS) se stabilise chez les jeunes adultes. Les patients chez qui le premier épisode survient à l'adolescence présentent des changements évolutifs moins marqués, bien que le nombre d'études soit limité dans cette population. Certaines études montrent que des changements évolutifs moins prononcés sont présents également dans les psychoses non schizophréniques précoces. La perte plus grande de tissu cérébral observée dans les schizophrénies très précoce, même plusieurs années après le premier épisode comparativement aux schizophrénies survenant à l'adolescence ou à l'âge adulte pourrait être liée à des variables telles que le biais d'échantillonnage (maladie plus sévère ; échantillon de patients avec une schizophrénie précoce, réfractaires au traitement), nature spécifique de l'évolution à l'adolescence des COS, effets différentiels de traitements médicamenteux dans cette population, issue clinique, ou interactions entre ces variables. Les résultats d'études transversales chez des patients après un premier épisode, ainsi que des études longitudinales sur les COS et les schizophrénies débutant à l'adolescence, conforte l'idée que la schizophrénie précoce est une affection neurodéveloppementale évolutive, avec anomalies développementales précoces et tardives. Les études futures devraient chercher des facteurs corrélés au niveau cellulaire, et des explications pathophysiologiques pour les changements de volume dans ces populations. L'association des gènes augmentant le risque dans les circuits neuronaux liés à la schizophrénie et leur relation aux trajectoires développementales est une autre piste prometteuse pour la recherche à l'avenir.