JLE

L'Information Psychiatrique

MENU

États limites et délinquance juvénile : évolution des réponses judiciaires Volume 92, numéro 1, Janvier 2016

Auteur
CHU de Brest, Université de Bretagne Occidentale, EA 4686. Service hospitalo-universitaire de psychiatrie infanto-juvénile, Hôpital de Bohars, 29820 Bohars, France

Au travers du modèle œdipien, la loi symbolique occupe une place centrale dans les théories psychanalytiques du développement psychosexuel. En liant le désir à la loi, elle constitue à la fois le fondement et la métaphore de l’efficacité de la loi concrète dans le « traitement » des transgressions en général et de la délinquance juvénile en particulier, selon un schéma qui renvoie, plus ou moins directement, au conflit de désir qui est au cœur des fonctionnements névrotiques. Cependant, bien loin d’être la panacée universelle que certains discours font entrevoir, la loi interroge sur son application dans certaines organisations psychopathologiques qui, comme les fonctionnements limites, présentent la double particularité de fragiliser la tiercéité et de favoriser les passages à l’acte. En partant d’une lecture psychopathologique de ces fonctionnements limites, cet article examine les fonctions de la violence dans ce cadre. Il s’attache à montrer que ces fonctions sont déterminées par le « gradient d’altérité » qu’elles comportent, entre violences-provocation et violences-destruction. Il en tire des conséquences concernant les principes qui doivent régir les réponses judiciaires et thérapeutiques à chacun de ces deux types de violence, en opposant la logique de la loi à celle de la transitionnalité.