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Enquête comparative sur le syndrome d’épuisement professionnel chez les psychiatres et les autres spécialistes des hôpitaux publics en France (enquête SESMAT) Volume 87, numéro 2, Février 2011

Auteurs
Hôtel-Dieu, service central de médecine du travail de l’AP–HP, 75004 Paris, France, CHS Les Murets, praticien hospitalier, 94510 La Queue-en-Brie, France, CRP Henri-Tudor, 29, avenue John Fitzgerald-Kennedy L-1855 Luxembourg-Kirchberg, Luxembourg

L’objectif de l’enquête « santé et satisfaction des médecins au travail » (SESMAT) était d’étudier les conditions de survenue et la fréquence du syndrome d’épuisement professionnel (SdEP) chez les médecins. L’analyse a comparé les psychiatres (179 psy) avec les médecins d’un échantillon représentatif de toutes spécialités (1 924 MER). Une analyse multivariée par régression logistique multiple a cerné le rôle propre de chaque facteur. Le Copenhaguen Burnout Inventory (CBI) a permis de mesurer un SdEP élevé chez 43,3 % des psy et 42,4 % des MER. Chez les psy, les facteurs liés à au moins un doublement de la prévalence du SdEP sont une qualité moyenne ou faible du travail d’équipe ( odds ratio ajusté [ORaj] = 2,28 et 2,66), un score élevé de conflit travail/famille (ORaj = 4,74) et un âge inférieur à 45 ans (ORaj = 2,67). Le SdEP, la mauvaise qualité du travail d’équipe et la déclaration d’un harcèlement du supérieur sont liés à au moins un triplement de l’intention d’abandonner sa profession par les psy. Parmi l’échantillon représentatif des médecins, les résultats vont dans le même sens. Des mesures de prévention sont discutées.