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L'Information Psychiatrique

De l’hébergement thérapeutique au « Un chez soi d’abord » Volume 89, numéro 3, Mars 2013

  • Auteur(s) : Gilles Vidon, Jean-Marc Antoine , Psychiatre des Hôpitaux, 94413 Saint-Maurice, France, EPS Maison-Blanche, Groupe Momentané d’Entreprises, Associations Aurore, Charonne, l’œuvre Falret, association des Cités du Secours Catholique, Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris, Paris, France
  • Mots-clés : hébergement thérapeutique, un logement chez soi d’abord, satellisation, contrat thérapeutique
  • Page(s) : 233-40
  • DOI : 10.1684/ipe.2013.1043
  • Année de parution : 2013

À Marseille, Toulouse, Lille et Paris, démarre une étude de la plus haute importance : démontrer que l’accès à un logement stable pour des personnes exclues s’avère un des meilleurs moyens de les traiter. De quoi s’agit-il ? Au Canada et aux États-Unis, le «  housing first » (« Un chez soi d’abord ») a gagné dans toutes les études (qui sont nombreuses) contre le « Treatment first ». Dans le housing first, les personnes à la rue souffrant de troubles mentaux sévères et éventuellement d’addictions se voient proposer un accès au logement immédiat à condition d’accepter un suivi au domicile de l’équipe pluridisciplinaire chargée de ce traitement communautaire actif. Le Treatment first, lui, reporte l’attribution d’un logement permanent aux malades sans abri ayant participé avec succès à un programme d’observance et d’abstinence… On ne peut que se féliciter, d’une part, de procéder à une telle étude, sérieuse et scientifique, sous nos climats : nous pêchons trop souvent en France par l’absence d’évaluation ; mais aussi, d’autre part, il serait temps qu’il soit communément admis que l’hébergement est thérapeutique. En effet, toute démarche de réhabilitation psychosociale commence obligatoirement par l’hébergement qui s’avère avant tout le lieu où le sujet va pouvoir se reconstituer et échafauder ses projets de vie. C’est ce que, depuis plus de 30 ans, nous tentons de faire admettre en défendant la notion « d’hébergement thérapeutique » ! Les appartements thérapeutiques (ou protégés, ou associatifs, etc.) réalisent la formule la plus efficace pour les patients les plus lourds. Rappelons que ce qui est thérapeutique dans les appartements thérapeutiques c’est bien entendu le « contrat thérapeutique » passé entre l’usager et l’équipe soignante ou médicosociale. Ce contrat engage forcément les uns et les autres dans un projet de vie et de soins et la continuité du suivi est ainsi assurée, y compris au niveau du domicile.