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L'Information Psychiatrique

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Corps, souffrance et relation à l’autre dans la culture africaine : l’exemple de la République du Congo Volume 94, numéro 1, Janvier 2018

Auteurs
1 Neuropsychiatre, Chef de service de psychiatrie au CHU de Brazzaville. Faculté des sciences de la santé, Université Marien Ngouabi, République du Congo
2 Psychiatre et pédopsychiatre, psycho-criminologue-victimologue. Pôle 93G15 de psychiatrie adulte, EPS de Ville-Evrard, 93330 Neuilly-sur-Marne, France Faculté de médecine et des sciences biomédicales, Université de Yaoundé I, Cameroun 93330 Neuilly-sur-Marne, France
3 Maîtres de conférences en psychopathologie et psychologie clinique. Université de Picardie Jules Vernes, chemin du Thil, 80025 Amiens, France
4 Psychologue clinicien, service de psychiatrie, CHU de Brazzaville, République du Congo
5 Neurologue, service de neurologie au CHU de Brazzaville, République du Congo
6 Neurologue, chef de service de neurologie au CHU de Brazzaville, République du Congo
* Correspondance
  • Mots-clés : société traditionnelle, trouble psychosomatique, corps, traumatisme psychique, relation interpersonnelle, santé mentale, culture, prise en charge, Afrique, Congo
  • DOI : 10.1684/ipe.2018.1738
  • Page(s) : 33-40
  • Année de parution : 2018

À partir d’une analyse descriptive de 4 cas cliniques présentant des symptômes médicalement inexpliqués au CHU de Brazzaville, les auteurs de cet article ont voulu interroger le lien entre le corps, la souffrance et la relation à l’autre dans les sociétés africaines. L’étude montre que les patients ont développé des symptômes somatiques sans base organique au décours d’un traumatisme psychique ou d’un stress existentiel. Ni eux ni les membres de leur famille n’avaient conscience du lien qui existait entre leurs symptômes et le traumatisme subi. Ils attribuaient leurs souffrances aux mauvais sorts jetés par des personnes malveillantes issues de leur environnement familial, professionnel et social ou à des esprits ancestraux, nécessitant une prise en charge traditionnelle par des rites. Cette attitude traduit le caractère décidément « familial » de la société. Les cliniciens qui les soignaient étaient peu orientés vers l’investigation psychologique à cause de l’absence de sensibilisation à la santé mentale. Les auteurs proposent de prendre en compte les problématiques psychosociales rencontrées par les patients dans leurs soins et militent pour une approche intégrative dans laquelle le rôle de la famille est une ressource importante.