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L'Information Psychiatrique

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Bébés de parents aux fonctionnements pervers : blessures et meurtrissures Volume 88, numéro 3, Mars 2012

Auteurs
Médecin chef de pôle, 92I07 EPS Erasme, 143, avenue Armand-Guillebaud, BP 50085, 92161 Antony Cedex, France, Responsable d’unité Ppumma (unité de psychiatrie périnatale d’urgence mobile en maternité), responsable du laboratoire de recherche RePPEr, recherche en psychiatrie et en psychopathologie à Erasme, chargé de cours, université Denis-Diderot - Paris-VII, EPS Erasme 14, rue de l’Abbaye, 92160 Antony, France

Il s’agit d’un travail de réflexion mené depuis 20 ans autour de l’évaluation et la prise en charge des relations parents-bébé, dans les situations extrêmes des parentalités limites. Dans ces situations, les dysfonctionnements précoces des interactions sont infiltrés de processus transgénérationnels, qui induisent des patterns et des fonctionnements de type pervers. Les premiers retentissements dans la sphère interactive sont souvent placés sous le sceau de la disqualification, accompagné parfois d’une inaffectivité dévitalisante. Sans soins, une répétition massive, à l’identique, des processus pervers pourrait s’inscrire à l’identique chez le jeune enfant. Les meurtrissures et blessures affectives et de l’esprit conduisent à des détresses massives vite occultées par trois types de déni : déni perceptif, dénégation et abrasion des affects, qui amputent la vie psychique. Les parents ont déjà eu recours dans leur enfance à ces mécanismes massifs dont ils n’ont pas pu prendre conscience afin de se dégager de leur propre détresse. Un exemple clinique illustre ces phénomènes pathologiques ainsi que certains aspects de la prise en charge, notamment la manière dont le jeu interprétatif des thérapeutes permet de relancer la créativité de la vie psychique afin de la désengager de ses liens pervers avec le passé.