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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Tabac et maladies inflammatoires chroniques de l’intestin Volume 7, numéro 1, Janvier-Février 2000

Auteur
Service de gastroentérologie et nutrition, hôpital Rothschild, 33, boulevard de Picpus, 75571 Paris Cedex 12.

La rectocolite hémorragique est rare chez les fumeurs. Elle est moins sévère que celle des non-fumeurs, nécessitant moins souvent la corticothérapie orale et plus tardivement la colectomie. L’arrêt du tabac est suivi d’une augmentation des taux de poussées et d’hospitalisations au cours des années suivantes, sans effet rebond. La nicotine transdermique est efficace dans les poussées modérées de rectocolite hémorragique. À l’inverse, une forte proportion de patients ayant une maladie de Crohn sont fumeurs. Leur maladie est plus grave, marquée par des poussées plus nombreuses, un recours plus fréquent aux corticoïdes et aux immunosuppresseurs, des récidives postchirurgicales plus rapides. L’arrêt du tabac diminue le risque chirurgical. L’effet du tabac dans ces deux maladies inflammatoires n’est pas clairement expliqué. La nicotine modifie le mucus colique et la synthèse locale d’éicosanoïdes. Le tabac diminue l’oxygénation tissulaire et, par ce biais, aggraverait l’ischémie intestinale. Dans la maladie de Crohn, obtenir l’arrêt du tabac doit être un objectif thérapeutique. Le sevrage nécessite un soutien psychologique et éventuellement le traitement substitutif par nicotine. La prise de poids et la dépression en sont les principaux effets secondaires, et sont difficiles à prévenir. Dans la rectocolite hémorragique, l’arrêt du tabac doit être discuté au cas par cas.