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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Pancréatite chronique : nouveaux concepts dans la prise en charge de la douleur (seconde partie) Volume 21, numéro 10, Décembre 2014

Auteurs
Hôpital Beaujon,
100, boulevard du général Leclerc,
92110 Clichy Cedex,
France
* Tirés à part

La douleur de la pancréatite chronique (PC) reste difficile à traiter, principalement en raison de notre compréhension insuffisante des mécanismes nociceptifs sous-jacents. Les traitements sont trop souvent fondés sur les modifications anatomiques du pancréas, en dépit de l’absence de corrélation entre les anomalies morphologiques et l’intensité de la douleur.

Historiquement, la douleur pancréatique s’est longtemps focalisée sur les anomalies morphologiques du pancréas. La vision actuelle de la douleur de PC donne une large place aux altérations des systèmes de transmission et de modulation de la nociception qui sont retrouvées au niveau du système nerveux central. De semblables altérations existent dans la douleur neuropathique.

Par ailleurs, la douleur abdominale résulte probablement de l’intrication de plusieurs mécanismes nociceptifs. Ces mécanismes sont très variables selon les individus. Le traitement devant être adapté aux mécanismes nociceptifs sous-jacents, il n’est pas possible de définir une approche thérapeutique, unique, qui soit applicable à tous les patients.

Enfin, l’hypothèse du « burn-out » est questionnée par plusieurs récents travaux, y compris par l’équipe qui est à l’origine de ce concept. Le « burn-out » postule la disparition à terme de la douleur avec la progression de l’atrophie pancréatique. La douleur pourrait donc persister indéfiniment chez certains patients. Aussi, le clinicien ne doit pas attendre une hypothétique résolution spontanée de la douleur. Ce symptôme persistant parfois indéfiniment, les cliniciens devraient le traiter plus agressivement et plus précocement.

Toutes ces nouvelles notions impliquent un changement de paradigme dans les stratégies thérapeutiques de la douleur de la PC. En particulier, le choix des traitements devrait tenir compte des mécanismes nociceptifs sous-jacents chez chaque individu et une médecine plus personnalisée s’avère nécessaire. Pour cela, il est nécessaire de développer des outils permettant d’identifier l’étiologie de la douleur chez chaque patient.