John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

Mise au point sur le traitement chirurgical du cancer du bas œsophage Volume 14, numéro 4, Juillet-Août 2007

Auteur
Service de chirurgie digestive et générale, Hôpital C. Huriez, CHRU et Université de Lille II, place de Verdun, 59037 Lille cedex
  • Mots-clés : cancer de l’œsophage, chirurgie, morbidité, mortalité, survie
  • DOI : 10.1684/hpg.2007.0109
  • Page(s) : 265-78
  • Année de parution : 2007

Dans le traitement à visée curative des cancers du bas œsophage, plusieurs options thérapeutiques sont envisageables, la chirurgie étant traditionnellement considérée comme la technique la mieux adaptée afin d’obtenir un contrôle locorégional de la maladie et une survie à long terme. Après un bilan d’opérabilité et d’extension de la maladie le plus exhaustif possible seront sélectionnés les candidats à une chirurgie d’exérèse à visée curative. La prise en charge périopératoire est essentielle et actuellement bien standardisée, devant couvrir notamment les aspects nutritionnels, analgésiques, ventilatoires per et postopératoires et de surveillance intensive des complications potentielles. Une exérèse tumorale en bloc par double voie d’abord abdominale et thoracique droite et curage à deux champs, avec rétablissement de la continuité digestive par gastroplastie, est la technique de choix dans cette indication. Le bénéfice et la place de la chirurgie mini-invasive restent à déterminer. Avec une mortalité postopératoire désormais inférieure à 5 % et une morbidité globale moyenne de 35 %, la chirurgie permet des survies à long terme avec globalement 30 % de patients survivants à 5 ans et 40 voire 50 % pour ceux opérés dans une visée curative (R0). L’expertise du centre apparaît comme un facteur déterminant dans la diminution de la morbi-mortalité postopératoire et l’amélioration du pronostic. Néanmoins, la chirurgie s’envisage de plus en plus dans le cadre de stratégies thérapeutiques multimodales comportant de la chimiothérapie ou de la radiochimiothérapie en situation néoadjuvante, en particulier en cas d’envahissement ganglionnaire et/ou de tumeurs localement avancées. L’avenir est à un dépistage plus précoce de la maladie, à une amélioration de l’évaluation de l’extension de la maladie en préthérapeutique ou après traitement néoadjuvant, à l’amélioration et la standardisation des techniques opératoires et périopératoires et à une potentialisation des traitements néoadjuvants, ce qui conduit à une stratégie de traitement à la carte pour chaque patient en fonction de chacun des stades évolutifs de la tumeur.