John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et cancer colorectal : quel est vraiment le risque à l’ère des biothérapies ? Volume 20, numéro 5, Mai 2013

Auteurs
Hôpital universitaire de Nancy, service d’hépato-gastroentérologie, Université Henri Poincaré 1, Allée de Morvan, 54511 Vandoeuvre-lès-Nancy, France

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) sont associées à un risque accru de cancer colorectal (CCR). Même si les données épidémiologiques historiques étaient surestimées, ce risque reste significatif. Ainsi, le dernier consensus de l’European Crohn's and Colitis Organisation (ECCO) nous rappelle les modalités de prévention, du dépistage et de la prise en charge des lésions dysplasiques colorectales dans les MICI.

Après 6-8 ans d’évolution d’une MICI, une première coloscopie de dépistage doit être réalisée selon les recommandations suivantes : 1) le côlon doit être bien préparé, 2) si possible en dehors d’une poussée de la maladie, et 3) les biopsies seront soit ciblées par chromoendoscopie (ce qui est le gold standard), soit étagées en lumière blanche (ce qui est une alternative acceptable). La fréquence de surveillance dépend ensuite du nombre de facteurs de risque associé de CCR : tous les 1 à 2 ans pour les patients à haut risque (association à une cholangite sclérosante primitive [CSP] et/ou à 3-4 autres facteurs de risques de CCR) ou tous les 3 à 4 ans pour les patients à faible risque (deux facteurs de risques associés maximum).

Les 5-acides-amino-salicylés doivent être proposés en chimioprophylaxie à tous les patients ayant une rectocolite hémorragique (hors rectite).

La colectomie doit être réalisée en cas de DALM (dysplasia associated lesion mass) ou de lésion(s) plane(s) avec dysplasie de haut grade, en raison d’un taux élevé de dysplasie(s) de haut grade ou de CCR associés de manière synchrone ou métachrone dans le reste du côlon. Le bénéfice de la chirurgie est plus discutable en cas de lésion plane avec dysplasie de bas grade. La décision thérapeutique est alors collégiale (patient/gastroentérologues/chirurgiens viscéraux). Les ALM (adenoma-like mass) sont traités de la même manière qu’un adénome sporadique puisque le risque évolutif semble identique.