John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Insuffisance surrénale et cirrhose Volume 19, numéro 6, Juin 2012

Auteurs
Hôpital Jean Minjoz, service d’hépatologie et de Soins Intensifs Digestifs, 25030 Besançon, Hôpital Jean Minjoz, laboratoire de biochimie endocrinienne et métabolique, 25030 Besançon, Hôpital Raymond-Poincaré (AP-HP), service de réanimation, 104 boulevard Raymond-Poincaré, 92380 Garches
  • Mots-clés : cirrhose, cortisol, insuffisance surrénale
  • DOI : 10.1684/hpg.2012.0736
  • Page(s) : 426-36
  • Année de parution : 2012

L’insuffisance surrénale (IS) pourrait être fréquente au cours de la cirrhose et aggraver le pronostic. Le manque de spécificité des symptômes rend difficile le diagnostic d’IS. Celui-ci associe classiquement une cortisolémie basale basse (< 83 nmol/L) et/ou une cortisolémie post-Synacthène ® basse (< 500 nmol/L 60 minutes après une injection de 250 μg i.v.). Dans les situations de stress comme le sepsis, une conférence de consensus a suggéré de définir l’IS par un delta cortisol < 250 nmol/L ou une cortisolémie totale faite au hasard < 276 nmol/L, et d’envisager la corticothérapie chez les patients qui ne répondent pas ou peu à l’expansion volémique et aux vasopresseurs. Ces recommandations peuvent être appliquées aux patients cirrhotiques en situation de stress. Plus de 90 % du cortisol circulant est lié à la cortisol binding globulin et à l’albumine, synthétisées par le foie. La baisse de ces deux protéines au cours de la cirrhose conduit à une diminution des concentrations sériques de cortisol total alors que les concentrations du cortisol libre sérique (CLS) et du cortisol salivaire augmentent. Les patients cirrhotiques les plus graves sont ceux qui ont des concentrations de CLS les plus élevées, probablement en rapport avec des phénomènes de translocation bactérienne entraînant un « stress » inflammatoire. En cas de suspicion clinique de dysfonction surrénale, compte tenu de l’impossibilité de doser en routine le cortisol libre, l’hormone biologiquement active, nous proposons : 1) de continuer de réaliser le test au Synacthène ® à 250 μg ; 2) lorsque ce dernier suggère un défaut de production du cortisol, d’effectuer une mesure du cortisol salivaire. Si la suspicion d’insuffisance surrénale est confirmée par le test salivaire, un traitement substitutif par hydrocortisone devra être entrepris avant d’orienter le patient vers un endocrinologue pour des investigations complémentaires.