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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Hépatite virale B : qu’en est-il du vaccin en 2016 ? Volume 23, numéro 8, Octobre 2016

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
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Tableaux

Auteur
Hôpital Henri Mondor, service de santé publique, 51 avenue de Lattre de Tassigny, 94010, Créteil, France
* Tirés à part

Un 1er vaccin plasmatique a été créé en 1981, remplacé dès 1986 par des vaccins recombinants issus du génie génétique. En 1991, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a recommandé la vaccination universelle des enfants. Dans les pays à forte endémie VHB qui ont mis précocement en place un programme de vaccination à la naissance associée au rattrapage chez l’adolescent, une importante diminution de l’incidence des hépatites et du carcinome hépatocellulaire a déjà été observée chez les enfants, faisant du vaccin contre le VHB le premier vaccin anticancéreux. Le vaccin, très immunogène permet la protection de 95 % des sujets ayant reçu un schéma vaccinal optimal. En raison d’une immunité cellulaire et d’une réponse anamnestique rapide en cas de contact avec l’Ag HBs, il n’est pas nécessaire d’effectuer des rappels à distance de la vaccination initiale. En France, pays de faible endémie, la politique vaccinale repose sur la vaccination des nourrissons, ainsi que l’identification et la vaccination de groupes à risque élevé d’exposition au VHB. Le taux de couverture vaccinale, longtemps faible, augmente depuis 2008, date du remboursement du vaccin hexavalent, pour atteindre 92 % de couverture une dose chez les enfants nés en 2014. Cette observation laisse espérer une immunisation correcte des jeunes adultes dans 20 ans ; en revanche, le taux de couverture des enfants et adolescents reste faible (environ 40 %). Le taux de vaccination de certains groupes à risque reste également insuffisant : 22 à 45 % chez les usagers de drogue, environ 60 % chez les homosexuels masculins, environ 10 % dans les populations fréquentant les centres de dépistages anonymes et gratuits. Après 20 ans de polémique en France sur le risque de sclérose en plaques après vaccination anti-VHB, le débat est clos : il n’y a pas de lien entre vaccin et affections neurologiques démyélinisantes. En conclusion, la France semble sortir de son retard de vaccination chez le nourrisson. Les efforts doivent maintenant porter sur le retour de la confiance dans la vaccination pour améliorer le rattrapage des adolescents et la vaccination des sujets non immunisés à risque.