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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Épidémiologie et histoire naturelle des maladies inflammatoires chroniques intestinales : 30 ans de registre EPIMAD Volume 25, numéro 2, Février 2018

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2

Tableaux

Auteurs
1 CHU d’Amiens-Picardie, Service d’hépatogastroenterologie, Registre EPIMAD, Site Sud - D408, 80054 Amiens, France
2 CHU Rouen, Service d’hépatogastroenterologie, Registre EPIMAD
3 CHRU Lille, Service d’hépatogastroenterologie, Registre EPIMAD
4 CHRU Lille, clinique de pédiatrie, Unité de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition, Registre EPIMAD
5 CHRU Lille, Maison Régionale de la Recherche Clinique, Santé Publique, épidémiologie et économie de la santé, Registre EPIMAD
6 Inserm, Université Lille 2, LIRIC UMR 995
* Tirés à part
  • Mots-clés : épidémiologie, histoire naturelle, registre, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique
  • DOI : 10.1684/hpg.2017.1572
  • Page(s) : 145-52
  • Année de parution : 2018

Le registre EPIMAD, crée en 1988, a permis d’obtenir les premières données d’incidence des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) en France. Ce registre couvre près de 6 millions d’habitants soit 9,3 % de la population française. La collection des cas repose sur une collaboration étroite entre les gastro-entérologues libéraux, hospitaliers, et universitaires, adultes et pédiatres. De 1988 à 2014, 18 961 patients ont été enregistrés incluant 11 599 patients atteints de maladie de Crohn (MC) et 7 362 de rectocolite hémorragique (RCH). Au cours de cette période, le taux d’incidence de la maladie de Crohn a augmenté de 5,3 à 7,6 pour 105 habitants, alors que l’incidence de la RCH était stable à 4,4 pour 105 habitants. Plus récemment une explosion de l’incidence des MICI chez les adolescents, de 4,2 à 9,5/105 (+ 126 %) pour la MC et de 1,6 à 4,1/105 (+ 156 %) pour la RCH, a été mise en évidence. Une hétérogénéité spatiale et temporelle de l’incidence des MICI a été mise en évidence à l’échelle des cantons. Ces données vont permettre de mettre en place des études d’épidémiologie analytique cherchant à identifier les facteurs de risque environnementaux associés aux MICI. Des différences d’histoire naturelle ont aussi été observées en fonction de l’âge au diagnostic, avec des maladies plus étendues, plus souvent compliquées et aboutissant plus souvent à la chirurgie chez les patients les plus jeunes. Une meilleure connaissance de l’histoire naturelle de ces maladies permettra de mieux isoler les sous-groupes de patients à risque d’évolution sévère et aidera à la mise en place de stratégies thérapeutiques personnalisées.