John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

Auto-immunité induite par les anti-TNF Volume 24, numéro 8, Octobre 2017

Auteur
Hôpital Saint-Antoine, service de rhumatologie, 184, rue du Faubourg Saint-Antoine, 75012 Paris, France ; UPMC Univ. Paris 06, Inserm UMRS_938
* Tirés à part
  • Mots-clés : anti-TNF, biomédicament, auto-immunité, lupus induit, vascularite
  • DOI : 10.1684/hpg.2017.1507
  • Page(s) : 866-70
  • Année de parution : 2017

Les manifestations auto-immunes induites par les anti-TNF sont une complication rare de ces biomédicaments. Le plus souvent, il s’agit de l’induction d’une auto-immunité de type lupique caractérisée par l’apparition d’anticorps anti-nucléaires et d’anticorps anti-ADN natifs, trouvés respectivement chez 20-60 % et 15 à 20 % des patients sous anti-TNF. Les anticorps anti-ADN natifs sont le plus souvent d’isotype IgM, considérés comme non pathogènes. Les lupus induits cliniques sont bien plus rares (< 0,3 %). En cas de lupus induit, il faudra chercher une atteinte viscérale (rénale, neurologique). Les diagnostics différentiels à évoquer face à des manifestations cutanéo-articulaires évocatrices de lupus induit sont la réaction paradoxale, l’hypersensibilité à l’anti-TNF et les infections intercurrentes, notamment virales. En cas de lupus induit sans atteinte viscérale, l’anti-TNF peut être poursuivi avec un traitement symptomatique. L’anti-TNF peut être remplacé par un autre anti-TNF et, en cas d’échec, un biomédicament non anti-TNF. En cas d’atteinte viscérale, tous les anti-TNF sont définitivement contre-indiqués. Les autres manifestations auto-immunes induites par les anti-TNF sont rares et comprennent notamment les pelades, les hépatites, et les démyélinisations.