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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Place de la démotivation et des troubles affectifs dans l’apathie chez des sujets parkinsoniens sans démence ni dépression Volume 11, numéro 2, Juin 2013

Auteurs
Fédération des maladies du système nerveux, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France, Fédération de neurologie Mazarin, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France, Université Pierre et Marie Curie, Paris VI, France, EA 4556, Laboratoire Epsilon, Dynamique des capacités humaines, Université Paul Valéry, Montpellier 3, France, Département de pharmacologie, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, France

Objectif : préciser le rôle de la motivation et des facteurs affectifs dans l’apathie chez des sujets parkinsoniens non déments, non déprimés. Méthodes : l’apathie a été évaluée par l’ Apathy evaluation scale et par une échelle associant une évaluation quantitative de 32 activités intentionnelles et une échelle qualitative dans laquelle le sujet apprécie directement les causes d’attribution à la réduction d’activité. Ces données ont été confrontées à une série d’évaluations cognitives (évaluation globale, fonctions exécutives), affectives (dépression, modifications émotionnelles, personnalité antérieure et mécanismes adaptatifs), comportement frontal et capacités fonctionnelles dans la vie quotidienne. Résultats : 20 patients et 20 sujets témoins ont été examinés. Les patients présentaient un discret déficit cognitif, mais qui n’était pas corrélé à la sévérité de l’apathie. De la même façon, les scores de dépression et des modifications émotionnelles étaient significativement supérieurs à ceux des témoins, mais seul l’émoussement affectif était corrélé aux scores d’apathie. L’étude de la personnalité prémorbide et des mécanismes adaptatifs n’a pas mis en évidence de corrélations avec l’apathie. La démotivation ne représentait que 30 % des causes d’attribution à la restriction des activités intentionnelles. Conclusion : les mécanismes sous-tendant l’apathie ne peuvent être attribués à la seule démotivation. L’émoussement affectif apparaît comme le principal corrélat de l’apathie chez les sujets parkinsoniens non déments, non déprimés.