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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Le lupus érythémateux systémique survenant après 65 ans : étude rétrospective de 18 cas Volume 13, numéro 2, Juin 2015

Auteurs
Département de médecine interne et gériatrie, CHU Reims, France
* Tirés à part

Le lupus érythémateux systémique (LES) du sujet âgé est rare après 65 ans et reste peu étudié. L’objectif de cette étude était d’étudier les particularités du LES survenant après 65 ans par rapport aux sujets jeunes. Méthode : Les patients avec un LES débuté après 65 ans ont été recherchés dans 4 centres hospitaliers français entre 1985 et 2013. Ont été inclus les cas présentant 4 critères de l’American college of rheumatology ou plus. Les caractéristiques clinico-biologiques, pronostiques, les traitements et les comorbidités ont été décrits rétrospectivement et comparés à la cohorte de 1 000 patients lupiques publiée par Cervera et al. de 1993. Résultats : 18 patients ont été inclus (14 femmes et 4 hommes) dont 6 révélés après 75 ans. L’âge moyen était de 73,0 ± 4,6 ans. Les manifestations révélatrices les plus fréquentes étaient les atteintes articulaires (13/18), cutanées (9/18), séreuses (4/18). L’anémie hémolytique et les thromboses étaient plus fréquemment révélatrices que chez le sujet jeune (p < 0,05). Au cours de l’évolution, seules les atteintes cutanées (sauf le lupus discoïde) étaient moins fréquentes que chez les sujets jeunes (p < 0,05). Les atteintes rénales, pulmonaires et neurologiques étaient rares après 75 ans. La corticothérapie, souvent utilisée (16/18), entraînait fréquemment des complications (10/16). La survenue d’hémopathie maligne (3 cas) était plus fréquente en cas de LES révélé par une thrombopénie ou une anémie hémolytique (p < 0,05). Conclusion : Le lupus du sujet âgé est rare mais doit être évoqué dans un contexte clinique évocateur. Son diagnostic et son traitement sont difficiles du fait des complications iatrogènes et de l’intrication avec les comorbidités.