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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Immunothérapie passive dans la maladie d’Alzheimer : état des lieux et applicabilité en population gériatrique Volume 21, numéro 2, Juin 2023

Tableaux

Auteurs
1 Gérontopôle de Toulouse, centre mémoire, cité de la santé, CHU de Toulouse ; équipe Maintain, Cerpop, université de Toulouse, Inserm, Université Paul-Sabatier, Toulouse, France
2 Gérontopôle de Toulouse, centre de recherche clinique, cité de la santé, CHU de Toulouse ; équipe Maintain, Cerpop, université de Toulouse, Inserm, Université Paul-Sabatier, Toulouse, France
* Correspondance : J. Delrieu

Les récents résultats positifs d’essais cliniques de phase III évaluant l’efficacité des anticorps anti-amyloïde dans la maladie d’Alzheimer peuvent faire espérer une mise à disposition d’un traitement en pratique clinique à moyen terme. En effet, le lecanemab a mis en évidence une efficacité cognitive mais aussi sur l’autonomie, la qualité de vie et le fardeau de l’aidant dans l’étude de phase III CLARITY. L’aducanumab a déjà obtenu une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis en 2021 dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Cependant, ces essais cliniques concernent le plus souvent des participants jeunes et sans comorbidités importantes qui ne sont pas totalement représentatifs de la population âgée. Il est donc nécessaire de s’interroger sur la potentielle utilisation de ces traitements en soins courants dans la population gériatrique et d’identifier les potentiels freins à leur utilisation. La présence de micro-saignements cérébraux et l’anticoagulation, deux éventualités fréquentes chez la personne âgée, pourraient limiter l’utilisation de l’immunothérapie anti-amyloïde en population gériatrique. Le retard diagnostique particulièrement important dans cette population est un autre frein alors que ces traitements ciblent le stade débutant de la maladie. Cependant, les résultats des essais de phase III et notamment les analyses en sous-groupe semblent montrer une efficacité cognitive supérieure chez les sujets âgés, notamment chez les plus de 75 ans. Des recommandations européennes sur l’utilisation future de ces traitements sont donc attendues pour mieux clarifier cette situation, ce qui va nécessiter une analyse précise de la balance bénéfice/risque au cas par cas. L’âge uniquement ne peut pas être une contre-indication à l’utilisation de ces thérapies innovantes.