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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Consensus d’experts de la Société française de gériatrie et gérontologie et de la Société française de cardiologie, sur la prise en charge de la fibrillation atriale du sujet âgé Volume 11, numéro 2, Juin 2013

Auteurs
Société française de gériatrie et gérontologie, France, Service de gérontologie, AP-HP, Hôpital Broca, Paris, France, Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, EA 4468, Paris, France, Société française de cardiologie, France, Service de cardiologie, AP-HP, Hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre, France, Université Paris Sud, Le Kremlin-Bicêtre, France, Service de gérontologie, AP-HP, Hôpital Charles Foix, Ivry, France, Département de cardiologie, AP-HP, Hôpital Pitié Salpêtrière, Paris, France, Université Pierre et Marie Curie, Inserm U 937, Paris, France, Centre hospitalier universitaire, Unités de médecine gériatrique, Bordeaux, France, Service de cardiologie, Hôpital Trousseau, Tours, France, Université François Rabelais, Tours, France, Service de médecine interne gériatrique, Centre hospitalier de Blois, France, Service de médecine gériatrique, Centre hospitalier universitaire, Hôpital de la Cavale Blanche, Brest, France, Université de Bretagne occidentale, EA 4636, Brest, France, Service de cardiologie et maladies vasculaires, Centre hospitalier universitaire, Rennes, France, Université de Rennes 1, CIC-IT 804, Inserm U 1099, Rennes, France, Université Pierre et Marie Curie Paris 6, Paris, France, Service de cardiologie et rythmologie, AP-HP, Hôpital européen Georges Pompidou, Paris, France, Université René Descartes, Paris, France

La fibrillation atriale (FA) constitue un problème de santé publique avec 600 000 à 1 million de patients concernés en France dont les 2/3 sont âgés de plus de 75 ans. La FA majore le risque de mortalité et représente un facteur majeur de risque d‘accident vasculaire cérébral ischémique (AVC). Chez la personne âgée en FA, les comorbidités sont fréquentes et aggravent le pronostic. La prise en charge de la FA du sujet âgé doit s’accompagner d’une évaluation gériatrique standardisée (EGS) qui apprécie les éléments médicaux, psychosociaux et permet une évaluation fonctionnelle du patient et de sa situation sociale. Elle conduit à identifier certaines comorbidités ou syndromes gériatriques (troubles cognitifs, chutes, dénutrition, dépression). Pour rendre l’évaluation gériatrique plus facile dans la pratique clinique, des tests courts de screening sont proposés, ils peuvent être complétés par une exploration plus complète réalisée par des équipes spécialisées de gériatrie. Les objectifs généraux du traitement restent applicables au sujet âgé : prévention des complications en particulier l’AVC, amélioration de la qualité de vie, réduction de la mortalité et des hospitalisations. Des précautions particulières d’utilisation des médicaments sont nécessaires en raison des comorbidités et de modifications pharmacocinétiques ou pharmacodynamiques liées au vieillissement. La prévention des complications repose essentiellement sur le traitement anticoagulant. Les anticoagulants sont recommandés après 75 ans en cas de FA après évaluation du risque hémorragique en utilisant les scores Hemorr 2hages ou HAS-BLED. Les nouveaux anticoagulants sont prometteurs pour la prise en charge des malades âgés en FA non valvulaire, en particulier en raison du moindre risque d’hémorragie cérébrale. Toutefois, leur utilisation nécessite la prise en compte de la fonction rénale (clairance de la créatinine selon la formule de Cockroft) et du fonctionnement cognitif (observance thérapeutique). La réalisation d’études menées spécifiquement dans les populations de patients très âgés polypathologiques est nécessaire pour évaluer leur tolérance en situation de « vie réelle ». La prise en charge comprend aussi le traitement de la cardiopathie sous-jacente et la gestion du rythme cardiaque. Chez les personnes âgées, la stratégie du contrôle de fréquence cardiaque doit être privilégiée par rapport à celle du contrôle du rythme dans la majorité des cas. L’emploi des antiarythmiques doit être prudent du fait des anomalies métaboliques fréquentes et d’un plus grand risque d’interaction médicamenteuse et de bradycardie.