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Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

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Association entre lymphopénie et mortalité chez les sujets âgés admis en unité de médecine aiguë gériatrique Volume 12, numéro 1, Mars 2014

Auteurs
Service de médecine aiguë gériatrique, CHU de Grenoble, France
* Tirés à part

La lymphopénie chez la personne âgée a été étudiée comme un facteur prédictif de mortalité à long et moyen terme avec des résultats divergents, mais il y a peu données sur sa significativité pronostique à court terme en situation aiguë hospitalière. Méthode : Tous les patients admis dans le service de médecine aiguë gériatrique de Chatin, CHU de Grenoble, France, de mai à octobre 2011 ont été évalués de manière biologique et clinique à l’admission. Les données ont été recueillies de manière rétrospective. Les critères d’exclusion étaient une hémopathie maligne ou une nouvelle hospitalisation dans la période d‘inclusion répétée. La lymphopénie était définie par l’infériorité au seuil de Youden et la mortalité intra-hospitalière comme la survenue du décès avant la sortie du service. Résultats : 239 personnes âgées ont été évaluées. Une lymphopénie inférieure à 1,1 G/L était un facteur pronostique de mortalité hospitalière : OR = 3,44 (1,55-8,10), p = 0,003. La prévalence de la lymphopénie était de 39 % et le taux de mortalité était de 13 %. La dénutrition avec un taux d’albumine inférieur à 30 g/L était aussi un marqueur prédictif de mortalité : OR = 4,90 (2,17-11,86), p < 0,001. La lymphopénie et l’hypoalbuminémie étaient significativement et indépendamment prédicatrices de mortalité dans le modèle d’analyse multivariée. Conclusion : Le taux de lymphocytes devrait donc être pris en considération dans l’évaluation gériatrique globale du sujet âgé en situation de décompensation fonctionnelle, comme marqueur de fragilité globale prédictif de mortalité, au carrefour de l’immunosénescence, de la dénutrition et de la polypathologie.