John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

Traitement des résidus de médicaments dans les ouvrages d’épuration des eaux Article à paraître

Auteur
Université de Limoges CBRS2, rue du Dr Marcland 87000 Limoges France
* Tirés à part

La consommation de médicaments a pour conséquence de retrouver des résidus de leurs principes actifs dans toutes les matrices de l’environnement : eaux de surface, eaux souterraines, sols, à des concentrations variant du μg/L au ng/L. Le panel des molécules utilisées, la variabilité de leurs propriétés chimiques ou de leur biodégradabilité, engendrent des problématiques de persistances environnementales et conséquemment des risques potentiels pour la santé humaine ou pour l’environnement, risques qui restent encore à évaluer précisément. Les effluents liquides urbains et hospitaliers collectent ces molécules jusqu’aux stations de traitement des eaux urbaines qui n’ont pas été conçues pour les éliminer. Cependant, des phénomènes de sorption ou de biotransformation permettent d’obtenir une efficacité globale pour les stations d’épuration des eaux usées (STEU) performantes d’environ 50 % sur le flux de ces résidus collectés. Cependant, certaines molécules telles que la carbamazépine ou le diclofénac restent réfractaires aux procédés classiques de traitement et se retrouvent dans les rejets des stations puis dans les milieux récepteurs. Des procédés de traitement améliorés (bioréacteur à membrane) ou avancés, tels que l’ozonation ou l’utilisation du charbon actif, sont alors proposés avec des efficacités améliorées mais encore variables selon les molécules. L’évaluation des risques sanitaires et environnementaux pour les molécules et les rejets est nécessaire pour définir une politique intégrative de gestion des résidus de médicaments.