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Relations entre la pluviométrie et le risque de transmission virale par les moustiques : cas du virus de la Rift Valley Fever (RVF) dans le Ferlo (Sénégal) Volume 4, numéro 2, Mars-Avril 2005

Auteurs
Institut de recherche pour le développement (IRD), UR 34 « Maladies virales émergentes et systèmes d’information », BP 1386, Dakar, Sénégal, Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), Laboratoire national de l’élevage et de recherches vétérinaires (ISRA-LNERV), BP 2057, Dakar-Hann, Sénégal, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), département élevage et médecine vétérinaire (CIRAD-Emvt), Campus international de Baillarguet, 34398 Montpellier cedex 05, France
  • Mots-clés : aedes, culex, insecte vecteur, pluie, saison, Sénégal, virus fièvre vallée Rift
  • Page(s) : 125-9
  • Année de parution : 2005

Il existe, dans les mares du Ferlo, deux espèces de vecteurs potentiels du virus de la Rift Valley Fever possédant des modalités de développement différentes : Aedes vexans arabiensis et Culex poicilipes. De fortes pluies au début de la saison entraînent l’apparition soudaine d’une importante population d’Aedes, car les œufs de cette espèce, pondus l’année précédente, sont présents en grand nombre sur les parois des mares, prêts à éclore dès qu’ils sont immergés. Pour peu que le virus soit présent dans la nature (la transmission transovarienne de virus chez les Aedes est un phénomène courant), une amplification virale suivie d’un début de diffusion est alors possible parmi des hôtes vertébrés non immuns. Des pluies légères, régulières, comme c’est souvent la règle en milieu de saison, auront tendance à favoriser d’autres espèces que les Aedes, en particulier Culex poicilipes dont la dynamique est liée à la stabilité du milieu aquatique, leurs œufs ne supportant pas la dessiccation. Puis, en fin de saison, les pluies deviennent rares et les mares commencent à tarir. Les Aedes ont pratiquement disparu, leurs œufs ne pouvant plus être recouverts par les rares pluies tombant alors. Mais des pluies tardives peuvent encore apparaître, de manière assez exceptionnelle. Si elles sont conséquentes, elles permettent alors aux Culex de maintenir leurs populations à un niveau élevé et aux œufs d’Aedes de retrouver les conditions nécessaires pour éclore. Il y aura donc maintien des populations de Culex et apparition de femelles d’Aedes, donnant au virus la possibilité d’être à nouveau disséminé et amplifié. Après les pluies, les femelles de Culex vont disparaître et les œufs d’Aedes – dont certains sont susceptibles d’héberger le virus RVF — entrer en diapause, jusqu’à l’année suivante.