John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

Qualité de l’air à Nouméa et santé respiratoire des écoliers Une étude de panel Volume 16, numéro 5, Septembre-Octobre 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4

Tableaux

Auteurs
1 École des hautes études en santé publique
Avenue du Pr. Léon Bernard
35043 Rennes
France
2 DASS Nouvelle-Calédonie
5, rue Galliéni BP n̊4
98851 Nouméa
Nouvelle-Calédonie
3 Scal’Air
12 bis, rue Léonard de Vinci
98800 Nouméa
Nouvelle-Calédonie
4 SEPIA Santé
Zone de Kermarec, route de Pontivy
56150 Baud
France
5 ASPA
5, rue de Madrid
67300 Schiltigheim
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : pollution de l’air, Nouméa, SO2, enfants
  • DOI : 10.1684/ers.2017.1064
  • Page(s) : 462-71
  • Année de parution : 2017

La qualité de l’air à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) est une préoccupation publique, en rapport notamment avec la présence d’une zone industrielle située en pleine ville, émettrice de dioxyde de soufre (SO2) de manière intermittente et d’autres polluants de l’air. La littérature sur les effets de ce gaz sur la santé respiratoire des enfants est ancienne et porte essentiellement sur les enfants asthmatiques, fortement exposés au SO2. Nous avons conduit une étude de panel de six semaines (juillet à septembre 2012) sur 469 écoliers de 8 à 12 ans, fréquentant sept écoles primaires volontaires situées à proximité de stations de mesure de SO2, de particules de diamètre aérodynamique moyen < 10 μm (PM10) et de dioxyde d’azote (NO2). Les données cliniques ont été recueillies par questionnaire individuel rempli journellement par les enfants sous supervision des adultes, sur la survenue ou non de symptômes respiratoires, oculaires et ORL. Les associations entre polluants de l’air ambiant ont été testées par régressions multivariées de type GAMM (modèle additif généralisé mixte) puis modèles linéaires de type GEE (équations d’estimation généralisées). Les décalages temporels entre exposition et apparition des symptômes ont été évalués par modèle GEE univarié. En saison fraîche, une part des symptômes (irritation du nez et des yeux [OR = 1,06 ; intervalle de confiance à 95 % = 1,02-1,07], toux [OR = 1,08 ; 1,04-1,13] et difficultés respiratoires [OR = 1,13 ; 1,07-1,20] chez l’ensemble des enfants est liée aux variations des concentrations de SO2, avec des effets plus marqués chez les enfants mélanésiens. Des effets nocifs du NO2 sont observés chez les enfants les plus sensibles (souffrant d’asthme et/ou de rhino-conjonctivite allergique). Ces résultats sont en accord avec la littérature et montrent que dans cette situation particulière tous les écoliers peuvent souffrir de l’exposition au SO2.