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Environnement, Risques & Santé

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Pollen de l’air et risque d’allergie : l’évolution récente Volume 7, numéro 6, novembre-décembre 2008

Auteur
MétéoSuisse Station aérologique Ch. de l’Aérologie CP 316 CH -1530 Payerne Suisse
  • Mots-clés : climat, hypersensibilité, pollen
  • DOI : 10.1684/ers.2008.0177
  • Page(s) : 431-4
  • Année de parution : 2008

Les facteurs météorologiques et climatiques influencent à la fois la végétation et la présence de pollen dans l’air. Les changements qui affectent ces facteurs ont donc des répercussions directes et indirectes sur la distribution et la phénologie des plantes ainsi que sur la production, l’émission et la dispersion du pollen. En lien avec le réchauffement climatique, on observe de nettes tendances au déplacement de la floraison des espèces hivernales et printanières vers des dates plus précoces, à la prolongation de la saison des pollens estivaux comme les graminées et à l’augmentation des quantités de pollen de fin d’été. Le réchauffement permet également l’extension vers le nord de l’aire de répartition de plantes méditerranéennes dont le pollen est allergisant, par exemple la pariétaire. De nombreux autres facteurs agissent également sur la production et la dispersion du pollen, et en particulier l’intervention humaine dans l’environnement. Ainsi, de nombreuses espèces dont le pollen est allergisant sont plantées en grand nombre ou introduites accidentellement. À l’échelle locale ou régionale, la gestion du territoire a souvent des conséquences plus sensibles que le changement climatique sur l’exposition au pollen : l’urbanisation ou des changements de pratiques agricoles, par exemple, modifient considérablement la distribution des végétaux dans une région et donc l’exposition au pollen en qualité, quantité et fréquence. L’extension rapide de l’aire de répartition de certaines plantes envahissantes, et en particulier de l’ambroisie, est une réelle préoccupation. Dans ce cas, les effets du changement climatique et des activités humaines se conjuguent pour favoriser la dispersion de la plante et la production de pollen. Les graines de l’ambroisie sont en effet dispersées par les transports de terre, les déplacements des véhicules, les semences contaminées, les constructions… Le réchauffement climatique favorise l’ouverture de la végétation et la création de niches écologiques pour cette plante. De plus, l’augmentation des concentrations de gaz carbonique et des températures augmente la production de pollen et prolonge la durée de floraison de l’ambroisie.