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Environnement, Risques & Santé

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Pertinence de l’analyse de cycle de vie (ACV) pour l’évaluation des impacts sanitaires : comparaison avec l’évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS) Volume 7, numéro 4, juillet-août 2008

Auteurs
Service des études médicales d’EDF et de Gaz de France, 22-28, rue Joubert, 75 009 Paris, Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales des Yvelines, Service Santé environnement, 143, boulevard de la Reine, 78000 Versailles, Direction de la recherche de Gaz de France, 361, avenue du Président Wilson, BP 33, 93211 St Denis-La Plaine, St Denis La Plaine cedex, EDF Recherche et Développement, Site des Renardières, Avenue des Renardières, Ecuelles, BP 46, 77818 Moret-sur-Loing cedex

Introduction : l’analyse de cycle de vie (ACV) est une méthode globale d’évaluation des impacts environnementaux (réchauffement climatique, acidification, épuisement des ressources, etc.) liés à un produit ou à une activité tout au long de son cycle de vie. Les méthodes ACV d’évaluation des impacts sur l’environnement se sont étendues à l’évaluation des impacts sur la santé humaine. Toutefois, les résultats restent très incertains, notamment en raison de l’échelle de l’évaluation – le cycle de vie du système – et des nombreuses hypothèses et incertitudes associées. Cet article vise à déterminer la validité et les limites de l’ACV appliquée à l’évaluation des « impacts » sanitaires à travers la méthode ACV d’évaluation des impacts la plus récente, Impact 2002+. Méthode : l’ACV appliquée aux impacts sanitaires est comparée à l’évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS), outil d’évaluation validé et largement utilisé. Cette comparaison porte sur la nature des deux méthodologies et est complétée par une étude de cas portant sur les centrales électriques à charbon (en France). Résultats : bien que présentant des structures similaires, l’ACV et l’EQRS diffèrent sur de nombreux points – facilité d’actualisation des données (épidémiologie, toxicologie, exposition), nombre de substances considérées, caractéristiques des populations étudiées et échelle spatio-temporelle. L’étude de cas a mis en évidence des résultats divergents et les risques inhérents à la pratique de l’ACV, tels que le double comptage des substances et la fiabilité des bases de données. D’autres faiblesses sont plus spécifiques à Impact 2002+, dont le manque de cohérence et de transparence dans le développement de certains facteurs d’effets qui limite ainsi sa pertinence scientifique. Conclusion : l’ACV apparaît comme un outil complémentaire de l’EQRS. De fait, son utilisation est appropriée pour un prédiagnostic ou pour l’évaluation des transferts de pollution. Les résultats d’ACV doivent être utilisés avec prudence (c’est-à-dire être interprétés par un expert) car ils ne peuvent en aucun cas être assimilés à des calculs de risques sanitaires.