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Environnement, Risques & Santé

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Perception de la pollution de l’air par les habitants du Cameroun et de France : convergences et divergences Volume 18, numéro 1, Janvier-Février 2019

Auteurs
1 Aix-Marseille Université, Université Côte d’Azur, Avignon Université, CNRS, ESPACE, UMR 7300
Europôle méditerranéen de l’Arbois
BP 80 bâtiment Laennec
Avenue Louis Philibert
13545 Aix en Provence Cedex 04
France
2 Université de Ngaoundéré
Département de sociologie
Dang
BP 454 Ngaoundéré
Amadaoua
Cameroun
3 Aix-Marseille Université
CNRS, IRD
INRA, coll France, CEREGE
Technopôle de l’Arbois-Mediterranée
BP 80
13545 Aix-en-Provence
France
4 Université Côte d’Azur, CNRS, ESPACE
98, boulevard Herriot
BP 3209
06200 Nice
France
* Tirés à part

En nous appuyant sur des entretiens réalisés auprès de la population, nous montrerons dans cet article quelles perceptions de la pollution de l’air ont les résidents de deux zones urbaines (la ville de Yaoundé au Cameroun et l’ancien bassin minier de Provence dans le département des Bouches-du-Rhône, France).

Des points de convergence en matière de perceptions de la pollution de l’air apparaissent dans les discours des personnes interrogées sur les deux sites, notamment dans la façon de nommer la pollution, de la mettre en relation avec le climat et de définir un air de qualité. L’association poussières/odeurs se retrouve dans les discours des riverains des deux sites étudiés et il en est de même pour la question de la proximité des sources de pollution qui est un sujet de plaintes.

En revanche, des divergences se font jour dans la perception que les populations ont de l’impact de la pollution sur leur santé. À Yaoundé, les populations font peu référence à l’impact de la pollution de l’air sur la santé et considèrent les facteurs favorisant la maladie (froid, poussière, vent, etc.) comme des causes réelles qu’elles associent très souvent aux saisons. C’est nettement moins le cas pour les populations de l’ancien bassin minier de Provence, bien que l’impact de la pollution sur les allergies soit probablement surestimé. Cela peut s’expliquer par le rôle que jouent les médias dans la diffusion d’informations parfois alarmistes sur ces sujets et, parallèlement, par la progression dans la population générale d’une prise de conscience des enjeux environnementaux.