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Environnement, Risques & Santé

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Maladie de Parkinson et exposition aux pesticides Volume 10, numéro 5, Septembre-Octobre 2011

Auteurs
Inserm U708 Neuroépidémiologie Hôpital de la Salpêtrière 47, boulevard de l’Hôpital 75651 Paris cedex 13 France, Université Pierre et Marie Curie Paris 6 UMR S708 Neuroépidémiologie 47, boulevard de l’Hôpital 75005 Paris France

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative d’origine multifactorielle faisant intervenir des facteurs environnementaux et génétiques. Parmi les facteurs de risques environnementaux, les résultats d’études épidémiologiques et toxicologiques sont en faveur d’une association entre l’exposition aux pesticides et la maladie de Parkinson. L’objectif de cette synthèse est de présenter les principaux résultats en faveur de cette association et de discuter certaines des difficultés méthodologiques rencontrées. Plus de 20 études cas-témoins ayant employé des méthodes différentes pour l’évaluation de l’exposition professionnelle aux pesticides, montrent une association avec la maladie de Parkinson. Une relation similaire est observée dans trois études de cohorte. L’association avec une exposition non professionnelle (de loisir, environnementale) aux pesticides a été plus rarement étudiée. Peu d’études ont évalué de façon détaillée l’exposition aux pesticides (familles de produits, relation dose-effet) ; bien qu’il soit difficile de conclure quant au rôle d’une substance ou d’une famille chimique spécifique, les résultats semblent plus consistants pour les insecticides que pour les herbicides ou les fongicides, mais des études complémentaires sont encore nécessaires. Les études toxicologiques in vivo et in vitro retrouvent une cohérence physiopathologique entre certains des mécanismes observés dans la maladie de Parkinson et les effets induits par différents pesticides. Les études réalisées à ce jour sont en faveur d’une association générique entre l’exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Parkinson, mais les expositions multiples et corrélées, nombreuses dans le contexte agricole, la longue durée d’exposition, l’âge tardif d’apparition de la maladie et son caractère relativement rare, ainsi que des variations importantes dans l’utilisation des pesticides en fonction des pays, compliquent considérablement l’évaluation de l’exposition aux nombreux types de pesticides et l’étude de leur relation avec la maladie de Parkinson.