John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

MENU

Les ototoxiques exacerbent les surdités induites par le bruit Volume 14, numéro 2, Mars-Avril 2015

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
  • Figure 6
  • Figure 7
Auteur
Institut national de recherche et de sécurité
Laboratoire d’ototoxicité et de neurotoxicité
Rue du Morvan
CS 60027
54519 Vandœuvre Cedex
France
* Tirés à part

Depuis plus de vingt ans, des recherches ont montré que certaines substances chimiques, appelées ototoxiques, peuvent provoquer une surdité, ou potentialiser les effets traumatisants du bruit. Or, il n’est pas rare qu’un travailleur soit exposé à plusieurs agents chimiques (médicaments, solvants, etc.) et à du bruit. Si les aminosides et les anticancéreux sont des substances ototoxiques connues, d’autres, comme les solvants aromatiques, les métaux lourds, ou certains gaz asphyxiants peuvent se révéler tout aussi cochléotoxiques. Aujourd’hui, la Directive européenne 2003/10/EC concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus au bruit considère que seules les expositions au bruit sont traumatisantes. Qui plus est, elle s’appuie sur des considérations relatives à des sujets ne présentant, a priori, aucune fragilité de l’oreille interne. Pourtant, une oreille contaminée par un agent ototoxique est plus vulnérable à une agression sonore qu’une oreille exposée uniquement au bruit. Se pose donc la question de la pertinence des valeurs limites d’exposition au bruit (LEX,8h)1, ou des valeurs d’exposition à des agents ototoxiques (VLEP), lorsque des personnes sont exposées à deux ou plusieurs nuisances d’origine variée. Par ailleurs, le diagnostic de la surdité repose essentiellement sur l’audiométrie tonale liminaire, technique permettant de tester la perception du message sonore. Cependant, cette technique pourrait ne pas déceler un traumatisme périphérique en raison d’une compensation apportée par la plasticité du système nerveux central auditif ; ce dernier peut masquer des traumatismes périphériques quand ils ne sont pas trop sévères. Dans cet article, une nouvelle approche pour mesurer objectivement la fatigue auditive périphérique et mettre en évidence des souffrances cochléaires précoces sera présentée pour améliorer la prévention contre les risques de déficits auditifs.