John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

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Les émissions polluantes liées au fonctionnement des imprimantes 3D Volume 17, numéro 5, Septembre-Octobre 2018

Auteurs
EDF
Service des études médicales d’EDF
45, rue Kléber
92309 Levallois-Perret
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : impression tridimensionnelle, polluants, air ambiant
  • DOI : 10.1684/ers.2018.1216
  • Page(s) : 481-6
  • Année de parution : 2018

Depuis son apparition dans les années 1970, l’impression 3D a beaucoup évolué et a révolutionné tous les secteurs : l’industrie aéronautique, la médecine, la recherche, etc. En revanche, quelques articles publiés récemment ont mis en garde les utilisateurs contre des substances polluantes émises par les imprimantes 3D.

L’objectif de cet article est de faire une synthèse de données fiables sur les substances émises pendant l’impression 3D, à la fois en termes de taux d’émission et de leurs concentrations dans l’air. Cette recherche a été étendue aux nanomatériaux manufacturés à cause de leur utilisation croissante dans divers domaines, y compris celui de l’impression. Il a donc été recherché si les particules nanométriques émises pouvaient être liées à l’incorporation des nanostructures dans les matériaux utilisés pour imprimer en 3D.

Cette synthèse a révélé que les imprimantes émettaient, lors du processus d’impression, des particules ultrafines, donc de taille nanométrique, et des composés organiques volatiles dans des proportions dépassant quelquefois les valeurs limites de protection des populations. Le procédé « dépôt de matière en fusion » (procédé très commun en impression 3D), utilisant des thermoplastiques comme matériau d’impression, semble plus émetteur de nanoparticules que le procédé « projection de liant », utilisant les matériaux sous forme de poudre. Une comparaison avec les imprimantes 2D a montré que ces dernières émettaient également des particules ultrafines dans des proportions non négligeables. Aucun des articles n’a mentionné la présence ou non de nano-objets manufacturés initialement incorporés dans le matériau d’impression, et les méthodes de mesures utilisées dans les études ne permettent pas de conclure sur la nature nanométrique à l’origine. Il est enfin important de signaler que les méthodes d’estimation des taux d’émission, de mesure des concentrations dans l’air, variaient d’une étude à l’autre, rendant ainsi difficile toute comparaison. Des protocoles communs de mesures devraient être développés dans des études ultérieures.