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Environnement, Risques & Santé

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Inquiétudes sur la présence d’antibiotiques et de bactéries antibiorésistantes dans les eaux Volume 5, numéro 4, Juillet-Août 2006

Auteur
Université Paris Sud 11, Faculté de pharmacie, EA 3542 Santé publique – environnement, 5, rue J.B. Clément, 92296 Chatenay-Malabry cedex www.u-psud.fr/labospe.nsf
  • Mots-clés : agents antibactériens, eau, évacuation eau usée, pollution eau, résidus médicament, résistance microbienne aux médicaments
  • Page(s) : 261-5
  • Année de parution : 2006

L’usage intensif des antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire présente deux conséquences en matière d’impact environnemental : la présence de résidus de molécules actives et la pression de sélection de bactéries antibiorésistantes. Ces deux phénomènes sont associés mais ne présentent pas les mêmes interrogations en matière de risque sanitaire et de mesures de gestion de la qualité des eaux. Les résidus d’antibiotiques doivent, comme les autres micropolluants organiques indésirables, pouvoir être éliminés dans les filières de potabilisation, mais il importe également d’évaluer leur impact sur la biomasse active des filières d’assainissement ou sur l’écologie microbienne des sols. Une action préventive est indispensable pour réduire les quantités utilisées et les émissions dans l’environnement. Les bactéries antibiorésistantes existent naturellement dans de nombreuses ressources en eau, même dans des zones géographiques sans véritable pression d’usage d’antibiotiques. D’autres sont diffusées à partir des zones de sélection prioritaires telles que les élevages ou les établissements de soins. Il importe de développer la connaissance sur leur devenir au sein des boues activées et sur leur capacité à transmettre la résistance aux biomasses des eaux. Les désinfections réalisées dans les usines de potabilisation constituent des étapes de protection pour l’eau potable. L’analyse globale et complexe du risque doit être faite en intégrant les diverses expositions (contact, aérosols, eau, aliments) notamment pour réduire le nombre d’infections nosocomiales.