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Environnement, Risques & Santé

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Histoire de l’ambroisie et de l’allergie au pollen d’ambroisie Volume 15, numéro 2, Mars-Avril 2016

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
Auteur
Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA)
Le Plat du Pin
11, chemin de la Creuzille
69690 Brussieu
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : Ambrosia, histoire, pollen
  • DOI : 10.1684/ers.2016.0843
  • Page(s) : 115-25
  • Année de parution : 2016

L’ambroisie (Ambrosia artemisiifolia L.) est une mauvaise herbe nocive pour l’agriculture, tandis que sa forte production d’un pollen particulièrement allergisant est à l’origine de gros problèmes de santé publique. À partir des années 1860, la plante a été introduite accidentellement depuis l’Amérique du Nord dans différentes régions du monde, où elle s’est peu à peu établie et propagée. Les semences de trèfle violet, venant probablement de Pennsylvanie, ont constitué son vecteur initial d’introduction en Europe. L’ambroisie a ensuite été ré-introduite en de nombreux endroits et à des dates différentes. Mais c’est seulement dans la seconde moitié du XXe siècle que son abondance a fortement augmenté dans des habitats perturbés par l’action humaine (friches agricoles et non agricoles, aménagements urbains et routiers, etc.). La pollinose à l’ambroisie a été décrite aux États-Unis et son mécanisme y a été pressenti entre 1866 et 1872 ; les premiers cas ne sont cependant apparus en France que dans les années 1950, et c’est seulement au début des années 1980 qu’ils se sont multipliés. Aujourd’hui, la prévalence de la sensibilisation à l’ambroisie dépasse 2,5 % dans tous les pays d’Europe, sauf la Finlande. La Hongrie arrive largement en tête, avec 53,8 % de tests cutanés positifs ; viennent ensuite le Danemark, les Pays-Bas et l’Allemagne, avec des taux de 14,2 à 19,8 %. En France, la prévalence de cette allergie aurait progressé dans la région Rhône-Alpes de 9,2 % en 2004 à 13 % en 2014, et même localement à 21 %.