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Analyse coût-efficacité de programmes de prévention de l’exposition au radon en Franche-Comté Volume 15, numéro 5, Septembre-Octobre 2016

Illustrations


  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Interregional unit of epidemiology of Burgundy and Franche-Comté
2, place des Savoirs
21035 Dijon cedex
France
2 Inserm, CIC 1432
Clinical Epidemiology Unit
7, boulevard Jeanne d’Arc
21079 Dijon Cedex
France
3 Dijon University Hospital
Clinical Investigation Center
Clinical Epidemiology Unit
14, rue Paul Gaffarel
21079 Dijon Cedex
France
4 French Institute for Public Health Surveillance
Saint-Maurice
12, rue du Val d’Osne
94410 Saint-Maurice
France
5 Scientific and Technical Center for Building
24, rue Joseph Fourier
F-38400 Saint-Martin d’Hères
France
* Reprints

Contexte : Le radon est le second carcinogène pulmonaire après le tabagisme. Certaines mesures dans l’habitat peuvent réduire l’exposition de la population. Notre étude portait sur une analyse coût-efficacité des politiques anti-radon en Franche-Comté, région française particulièrement exposée. Les stratégies évaluées étaient le dépistage ciblé en zones à risque et le dépistage de masse, comparés à l’absence de dépistage.

Méthodes : Un modèle de Markov a été construit pour simuler les effets d’un dépistage de l’exposition au radon chez une population âgée de 30 à 75 ans pendant 30 ans. Pour chaque stratégie, les paramètres d’efficacité étaient l’espérance de vie moyenne, l’incidence de cancer pulmonaire induit par le radon et le nombre de décès associé. Les coûts considérés étaient des coûts directs correspondant à l’invitation au dépistage, la mesure de l’exposition, la remédiation au diagnostic de cancer pulmonaire et au traitement. Les ratios coût-efficacité incrémentiels estimés correspondaient au coût par année de vie gagnée, au coût par cancer évité et au coût par décès évité. Le taux d’actualisation utilisé était de 3 %.

Résultats : Le nombre d’années de vie gagnées par individu était de 8x10-6 pour le dépistage ciblé et de 2,1x10-5 pour le dépistage de masse. Le nombre annuel moyen de cancers pulmonaires induits par le radon en Franche-Comté était de 71,4 en l’absence de dépistage, de 71,3 avec le dépistage ciblé et de 70,6 avec le dépistage de masse. Les nombres de décès associés étaient respectivement de 65,4, de 65,3 et de 64,7. Les coûts par année de vie gagnée étaient de 295,105 € pour le dépistage ciblé et de 987,108 € pour le dépistage de masse comparativement à l’absence de dépistage.

Conclusions : Les dépistages ciblés comme de masse ne sont pas coût-efficaces. Il semble plus pertinent de concentrer la lutte contre le cancer pulmonaire induit par le radon sur des mesures de prévention dans l’habitat neuf.