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Environnement, Risques & Santé

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Conditions environnementales associées à l’émergence de la fièvre de la vallée du Rift (FVR) dans le delta du fleuve Sénégal en 1987 Volume 4, numéro 2, Mars-Avril 2005

Auteurs
Laboratoire de physique de l’atmosphère Siméon Fongang, École supérieure polytechnique/université Cheikh Anta Diop (ESP/UCAD), BP 5085, Dakar-Fann, Sénégal, Institut national de la recherche agronomique (INRA), Unité Biomathématiques et épidémiologie, Laboratoire Environnement et prévision pour la santé des populations/Techniques de l’imagerie, de la modélisation et de la cognition (EPSP-TIMC), École nationale vétérinaire de Lyon, 1, avenue Bourgelat, BP 83, 69280 Marcy l’Étoile, France, Institut de recherche pour le développement (IRD), UR 34 « Maladies virales émergentes et systèmes d’information », BP 1386, Dakar, Sénégal, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), Département Élevage et médecine vétérinaire (CIRAD-Emvt), Campus International de Baillarguet, 34098 Montpellier cedex 5, France, Médias-France, Centre national d’études spatiales (CNES), 18, avenue Édouard Belin, BPI 2102 31401 Toulouse cedex 4, France, Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), Laboratoire national d’élevage et de recherches vétérinaires, BP 2057, Dakar-Hann, Sénégal, Direction de la météorologie nationale, BP 8257, Dakar, Sénégal, adresse actuelle ISRA, Laboratoire national d’élevage et de recherches vétérinaires, BP 2057, Dakar-Hann, Sénégal
  • Mots-clés : épidémie, fièvre vallée Rift, insecte vecteur, pluie, Sénégal
  • Page(s) : 10005-10
  • Année de parution : 2005

L’épidémie de fièvre de la vallée du Rift (RVF) survenue en 1987 dans le delta du fleuve Sénégal a été associée, par certains auteurs, à une pluviométrie plus abondante que d’ordinaire ainsi qu’à la mise en eau du barrage de Diama. Dans cet article, nous étudions les conditions hydroclimatiques contemporaines de l’émergence de la FVR à la frontière sénégalo-mauritanienne. Les données utilisées sont la pluviométrie observée à Rosso, les hauteurs d’eau du fleuve Sénégal mesurées à Rosso et au barrage de Diama, et les débits du fleuve à Bakel. L’analyse de la saison des pluies 1987 montre qu’il n’y a pas eu, en fait, de surplus pluviométrique associé à l’apparition de la FVR. La seule particularité pluviométrique importante réside dans le déplacement du maximum saisonnier du mois d’août au mois de septembre. Octobre, mois d’apparition des premiers cas humains diagnostiqués, est déficitaire (- 35% par rapport à la normale mensuelle 1961-1990). De plus, la mise en service du barrage de Diama n’a pas bouleversé l’hydrologie locale à cette époque. Ainsi, les conditions hydroclimatiques ne montrent pas à elles seules une rupture susceptible d’expliquer l’émergence de la FVR dans la région. Le schéma épidémiologique envisagé pour l’Afrique australe ou orientale ne permet pas d’expliquer ce qui s’est produit en 1987 dans la vallée du fleuve Sénégal. Sans remettre en cause l’influence de la pluviométrie dans l’émergence de la FVR, les quantités de précipitations par périodes pluvieuses ou par séries de pluies semblent plus importantes à considérer que les cumuls à l’échelle de la saison, par l’importance qu’elles jouent dans la dynamique des populations de moustiques vecteurs en Afrique de l’Ouest.