John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

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Associer les populations à l’adaptation face aux catastrophes naturelles dans le contexte du changement climatique Volume 15, numéro 4, Juillet-Août 2016

Auteur
1 Ingénieur général des ponts, des eaux et forêts
Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie
Membre permanent du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD)
CGEDD / MIGT Marseille
37, boulevard Périer
13008 Marseille
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : inondations, évaluation des risques, prévention des accidents
  • DOI : 10.1684/ers.2016.0887
  • Page(s) : 306-11
  • Année de parution : 2016

En zone méditerranéenne française (des Pyrénées aux Alpes et à la Corse), un phénomène bien connu provoque régulièrement des pluies intenses localisées, entraînant des ruissellements importants, des débordements de nappes karstiques, des glissements de terrains, des crues, se cumulant en inondations catastrophiques : c’est ce qu’on appelle communément les épisodes cévenols. Un air chaud se charge d’humidité au-dessus de la Méditerranée et vient buter sur les premiers contreforts montagneux en arrière-pays, sur des masses d’air froid venues du nord (poussées par des vents comme le Mistral) et explosent alors en orages bloqués entre ces deux flux contraires, pendant des heures, avec des chutes de plus de 400 à 500 mm en quelques heures. Le changement climatique augmente la température de la Méditerranée de manière constante, et la formation de ce type de phénomène est maintenant récurrente, et désormais à n’importe quel moment de l’année. Alors que l’on a en mémoire quelques catastrophes graves et exceptionnelles de ce type il y a dix (Gard), vingt (Aude) ou trente (Nîmes) ans, c’est maintenant chaque année que l’on déplore des dizaines de victimes (23 décès en 2014, près de 30 en 2015). Or, la quasi-totalité de ces décès sont dus à des imprudences. Les populations littorales sont récentes (retraités, néoarrivants), ou de passage (résidences secondaires, campings). Elles ne connaissent ni ne comprennent ces phénomènes, et nos systèmes de préparation et de gestion à la crise les excluent totalement. Seule une association/participation des citoyens à la préparation de la crise, en vue d’une appropriation (cf. revue de l”Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) présentant des démarches outre-mer / juin 2015)1 nous permettrait de limiter les conséquences de ces catastrophes naturelles : c’est cela l’adaptation au changement climatique favorisant une meilleure santé.