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Epilepsies

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Épilepsie et syndromes démentiels Volume 21, numéro 3, juillet-août-septembre 2009

Auteurs
Service de médecine interne gériatrique et CMRR, CHU de Tours, université François-Rabelais, 37044 Tours cedex, France, Centre de gériatrie, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Assistance publique-Hôpitaux de Paris, université Pierre-et-Marie-Curie, 47-83, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, France

Épilepsie et démence sont deux pathologies fréquentes chez le sujet âgé. Parmi l’ensemble des syndromes démentiels, la maladie d’Alzheimer (MA) est la cause la plus fréquente. L’épilepsie est souvent sous-diagnostiquée dans cette population, à la fois en raison des particularités sémiologiques liées à l’âge, mais aussi de la pathologie démentielle sous-jacente. Même si la fréquence des crises convulsives est plus grande chez les sujets atteints de démence que chez les sujets dépourvus de cette pathologie, il n’en demeure pas moins qu’il est souvent difficile d’imputer les crises convulsives à la seule MA. L’accumulation des lésions amyloïdes, des dégénérescences neurofibrillaires ou encore de la perte neuronale constitue un facteur de susceptibilité. D’autres lésions que celles caractéristiques de la MA peuvent être impliquées, en particulier les lésions vasculaires. Enfin, d’autres facteurs peuvent intervenir : polymédicamentation, comorbidités, troubles métaboliques, troubles psychocomportementaux conduisant à la prescription des molécules qui abaissent le seuil épileptogène. L’épilepsie influence le pronostic de la démence : aggravation des troubles cognitifs, perte d’autonomie conduisant à la mise en institution, augmentation de la mortalité et de la morbidité. De plus, les sujets âgés atteints de démence sont plus vulnérables aux effets secondaires des médicaments antiépileptiques. La démarche clinique se doit d’être rigoureuse et la prise en charge adaptée au terrain.