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Epilepsies

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Comparaison du profil des patients épileptiques au Maroc à plusieurs années d'intervalle Volume 13, numéro 4, Octobre - Novembre - Décembre 2001

Auteurs
Faculté de médecine, BP 7010, Sidi Abbad, 40000 Marrakech, Maroc.

Une étude rétrospective portant sur 615 observations de malades épileptiques a été menée en consultation d'épileptologie du service de neurologie de Rabat, dans le but de déterminer les profils socio-démographique, clinique, thérapeutique et évolutif de l'épilepsie au Maroc. L'étude a concerné les années 1987 et 1994, afin d'analyser le changement de prescription durant ces sept ans d'intervalle. Concernant l'âge des patients, il était en moyenne de 12 et 13 ans (± 5 ans) respectivement pour les 2 années, le sexe masculin était prédominant (SR entre 1,8 et 1,9). Quant à la nature des crises elle était dominée par les crises généralisées tonico-cloniques, retrouvées dans 60 % et 56 % pendant les deux années, suivies des crises partielles à généralisation secondaire, qui sont souvent sous estimées (environ 12 % des cas). Sur le plan thérapeutique, la monothérapie était de plus en plus utilisée par nos praticiens, 81 % en 1994 contre 65 % en 1987. La grande particularité chez nous, était la large prescription du phénobarbital (57,1 % en 1987 contre 49,4 % en 1994) et ceci pour différentes raisons, essentiellement économiques. Le deuxième produit prescrit était le valproate de sodium, suivi par la carbamazépine dont les prescriptions sont en progression. Le produit le moins prescrit reste la phénytoïne du fait du manque de familiarisation de nos praticiens vis-à-vis de ce produit, et du fait de ses effets secondaires non négligeables. Quant à l'évolution elle est de plus en plus favorable durant ces 7 ans : 53,1 % de rémission totale en 1994, contre 37,7 % en 1987. Les effets secondaires étaient de moins en moins observés du fait d'un bon maniement des antiépileptiques par nos praticiens et ils restent dominés par les effets dose-dépendants, imputables en grande partie au phénobarbital.