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Les corynébactéries, aspects bactériologiques et cliniques


Annales de Biologie Clinique. Volume 56, Numéro 3, 285-96, Mai-Juin 1998, Revues générales


Résumé   Summary  

Auteur(s) : P. Riegel, .

Résumé : Les corynébactéries se définissent par une morphologie de bacilles irréguliers non sporulés qui présentent une coloration de Gram positive. En fait, cette dénomination recouvre des bactéries très distinctes que ce soit d’un point de vue taxonomique, écologique ou de la pathologie associée. Elles constituent une partie importante de la flore de la peau et des muqueuses et peuvent également se retrouver dans l’environnement. La description récente de nouvelles espèces rend possible maintenant l’identification de la majorité des corynébactéries isolées de prélèvements humains. L’association à certaines infections a pu être établie pour quelques-unes de ces nouvelles espèces. La pathologie est encore dominée par la diphtérie qui a resurgi récemment dans certains pays, mais d’autres corynébactéries, dont certaines présentent une multirésistance aux antibiotiques, peuvent être responsables d’infections nosocomiales. Ainsi, le pouvoir pathogène de Corynebacterium urealyticum a été reconnu dans des infections urinaires survenant en milieu urologique et Corynebacterium jeikeium est fréquemment retrouvée à partir de divers matériels implantés et peut être à l’origine de septicémies. D’autres corynébactéries ont pu être reliées à des infections, telles C. seminale responsable de prostatites, Turicella otitidis isolée d’otites moyennes aiguës et Arca-nobacterium haemolyticum qui est responsable de pharyngites chez l’adolescent. Enfin, les bactéries du genre Actinomyces sont classiquement les agents des actinomycoses, mais sont aussi responsables d’abcès en association avec une flore anaérobie. Les bactéries composant les actinomycètes aérobies, notamment Rhodococcus equi, ont été isolées d’infections opportunistes survenant le plus souvent chez des patients immunodéprimés. La classification actuelle permet d’identifier la majorité des corynébactéries isolées en bactériologie médicale. Cette identification doit être réalisée dès lors que ces bactéries sont en situation potentiellement pathogène.

Mots-clés : Corynébactéries – Identification – Infections.

Illustrations

ARTICLE

La connaissance des corynébactéries date de 1883 quand Klebs découvrit le bacille diphtérique (Corynebacterium diphtheriæ) par l'examen microscopique des fausses membranes de patients atteints de croup. Ces bacilles, de forme irrégulière, avec des renflements aux extrémités, furent appelés corynébactéries, coryne signifiant en grec massue. En pratique courante, le terme corynébactéries désigne tous les bacilles à coloration de Gram positive qui présentent des contours irréguliers par opposition aux bacilles à contours rectilignes retrouvés chez des bactéries appartenant aux genres Bacillus, Lactobacillus et Listeria. D'autres noms désignent ces bactéries tels que bacilles corynéformes ou bacilles diphtéroïdes par association morphologique avec l'agent responsable de la diphtérie.

Ces dénominations génériques recouvrent en fait des bactéries très différentes, que ce soit d'un point de vue bactériologique (constitution de la paroi, type respiratoire, activités enzymatiques, G+C% de l'ADN) ou écologique (pathogènes ou saprophytes des muqueuses et de la peau de l'homme, bactéries de l'environnement). Des comparaisons du génome bactérien ont confirmé cette diversité par la description de nouveaux genres et espèces.

Grâce à des avancées taxonomiques récentes, l'identification d'une grande partie des corynébactéries est maintenant possible et le pouvoir pathogène de certaines de ces bactéries considérées auparavant comme commensales a pu être précisé. D'autre part, la recrudescence de la diphtérie dans certains pays, d'où sont originaires beaucoup d'immigrés, oblige le microbiologiste à rester vigilant quant à la possibilité d'isoler le germe. Après un rappel de la taxonomie et de la classification de ces bactéries, nous aborderons les moyens et les clés d'identification ainsi que l'interprétation de leur présence dans un produit pathologique.

Historique de la classification et de l'identification des corynébactéries

La classification des corynébactéries a évolué parallèlement à l'avènement de nouvelles techniques qui ont permis d'analyser les constituants bactériens tels la paroi et le génome. Le genre Corynebacterium fut créé par Lehmann et Neumann en 1896 [1] pour intégrer le bacille diphtérique à la nomenclature bactérienne ainsi que quelques autres bacilles, sur la base d'une morphologie commune. Ces derniers furent appelés C. pseudodiphtheriticum pour ceux isolés de la gorge et C. xerosis pour des bacilles isolés des yeux. Il n'est ainsi pas étonnant de voir que le genre Corynebacterium a regroupé, pendant toute la première moitié de ce siècle, quasiment tous les bacilles de forme irrégulière et à coloration de Gram positive [2]. Pendant cette période, plus de vingt espèces furent décrites sur la base du type respiratoire, de la fermentation des sucres, de la réaction de l'indole et de l'hydrolyse de la gélatine. Parmi celles-ci, seules restent aujourd'hui dans le genre Corynebacterium, les espèces C. diphtheriae, C. pseudodiphtheriticum, C. xerosis, C. striatum, C. bovis et C. pseudotuberculosis. La 6e édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology (1948) inclut dans la famille des Corynebacteriaceae les genres Corynebacterium, Erysipelothrix et, de manière surprenante, le genre Listeria. La 7e édition (1957) ajoute les genres Microbacterium, Cellulomonas et Arthrobacter pour des bacilles corynéformes isolés de l'environnement. À cette période, l'apparition de techniques chromatographiques a permis d'étudier la composition en acides aminés et en sucres de la paroi des bactéries. La systématique de ces bactéries a été alors redéfinie avec la description de trois familles, la famille Mycobacteriaceæ pour les genres Mycobacterium, Nocardia et Corynebacterium, la famille Streptomycetaceæ pour les genres Streptomyces et Micronospora et la famille Actinomycetaceae pour le genre Actinomyces [3].

La famille des Mycobacteriaceæ a été définie par la présence dans la paroi bactérienne d'acide meso-diaminopimélique, d'arabinose et de galactose, entraînant l'élimination de cette famille de certaines espèces du genre Corynebacterium, telles que C. pyogenes et C. hæmolyticum. Des travaux ultérieurs ont permis de montrer que les espèces appartenant à la famille des Mycobacteriaceæ possédaient des acides gras d'un type particulier, les acides mycoliques dont la longueur des chaînes carbonées permettaient de les différencier et de leur donner une résistance variable aux acides et aux alcools [4]. Sur cette base, les genres Rhodococcus, Gordona et Tsukamurella, et plus tard l'espèce Dietzia maris, furent créés [5]. La classification de ces espèces a concerné surtout des corynébactéries de l'environnement et s'est vite révélée insuffisante pour identifier les corynébactéries isolées en bactériologie médicale [6]. On pouvait estimer ainsi que près de la moitié de ces bactéries ne pouvait être intégrée dans un taxon connu. Pour pallier cette insuffisance, les Centers for Diseases Control (CDC) ont décrit 17 groupes taxonomiques corynéformes en supplément des espèces reconnues [7]. La caractérisation de ces groupes était cependant seulement basée sur quelques tests phénotypiques tels que le type respiratoire, le pouvoir fermentatif ou des activités enzymatiques.

Les études taxonomiques basées sur des comparaisons de séquence du gène codant l'ARN 16S ribosomique [8] et des expériences d'hybridation ADN/ADN ont permis d'amener certains de ces groupes au statut d'espèce comme C. urealyticum (groupe D-2), C. jeikeium (groupe JK) et C. propinquum (groupe ANF-3), mais d'autres groupes se sont révélés très hétérogènes, comprenant plusieurs espèces et même des genres différents comme le groupe ANF-1 (C. afermentans, C. auris, Turicella otitidis). Il a été montré d'autre part que les groupes taxonomiques 1, 2 et E appartenaient aux genres Actinomyces alors que les bactéries des groupes A et B faisaient partie de genres bactériens rencontrés habituellement dans l'environnement tels Aureobacterium, Cellulomonas ou Microbacterium. Ces aspects taxonomiques ont été évoqués dans une récente revue concernant les bactéries corynéformes [9]. D'autres travaux ont permis de décrire de nouvelles espèces pour des corynébactéries jusque-là non caractérisées, comme C. coyleæ, C. seminale, C. durum, C. mucifasciens ou C. riegelii. La liste de ces modifications taxonomiques est exposée dans le tableau 1.

Dans un but pratique, on peut distinguer les corynébactéries en fonction de leur type respiratoire. Les bactéries de type anaérobie facultatif sont fréquemment rencontrées dans des prélèvements cliniques humains et comprennent les genres Corynebacterium, Dermabacter et Rothia. Les corynébactéries de type respiratoire anaérobie préférentiel appartiennent aux genres Actinomyces, Actinobaculum, Arcanobacterium et Propionibacterium et sont isolées principalement chez l'homme et les animaux. Les genres bactériens formés par des corynébactéries de type aérobie strict possèdent, pour certains, des acides mycoliques (Rhodococcus, Dietzia, Gordona, Tsukamurella) alors que d'autres n'en possèdent pas (Cellulomonas, Microbacterium, Arthrobacter, Brevibacterium). Ces bactéries sont essentiellement d'origine environnementale, mais peuvent être cependant responsables d'infections opportunistes. Cette classification, pratique pour l'identification en routine de ces bactéries, est dans l'ensemble bien corrélée avec la classification déterminée par taxonomie moléculaire. L'orientation vers un de ces genres bactériens peut être réalisée par quelques tests clés exposés dans le tableau 2.

Les bactéries du genre Corynebacterium

Les espèces appartenant au genre Corynebacterium sont pour la plupart isolées exclusivement de prélèvements humains. D'autres sont spécifiques des animaux [6]. Elles sont majoritairement de type respiratoire anaérobie facultatif. Certaines espèces (C. afermentans, C. jeikeium, C. urealyticum) ont cependant une croissance très faible en anaérobiose mais seront traitées ici avec les autres bactéries de ce genre. La morphologie à la coloration de Gram révèle des bacilles irréguliers à extrémités renflées et disposés en palissades et en « lettres chinoises » (figure 1). La classification s'est abondamment enrichie ces dernières années de nouvelles espèces dont la responsabilité dans des infections a pu être établie. La pathologie associée à ces bactéries est encore dominée par C. diphtheriæ, mais les espèces C. amycolatum, C. jeikeium et C. urealyticum se sont révélées être pathogènes dans certaines circonstances et présentent souvent une multirésistance aux antibiotiques. Leur identification est basée sur des tests, exposés dans le tableau 3 qui sont réalisables individuellement ou inclus pour la plupart dans la galerie API Coryne® (bioMérieux) dont la base de donnée est en cours de modification [39].

Corynebacterium diphtheriæ

Cette bactérie est responsable de la diphtérie qui a pratiquement disparu en France, mais subsiste et a même resurgi récemment dans les nouveaux états indépendants de l'Europe de l'Est, en Algérie et au Viêt Nam. Des cas de diphtérie touchant des touristes en provenance de ces pays ont été signalés en Allemagne, en Italie et en Finlande [40]. Il convient donc aux médecins et bactériologistes français de rester vigilants et de savoir reconnaître cette infection qui nécessite une sérothérapie et une antibiothérapie dès le diagnostic posé. Selon les dernières recommandations de l'OMS, l'isolement de ce germe à partir d'un produit biologique non stérile doit se faire par l'ensemencement d'un milieu cystéine-tellurite, dit de Tinsdale, qui révèle C. diphtheriæ par la formation de colonies noires entourées d'un halo brunâtre bien visible en 48 heures. On peut également noter, pour la majorité des souches, un petit halo d'hémolyse beta sur une gélose supplémentée par du sang. L'identification peut se faire à partir d'un schéma classique (tableau 3) mais l'utilisation de la galerie API Coryne® permet une identification fiable de C. diphtheriæ en 24 heures en révélant les activités pyrazinamidase (négative) et alpha-glucosidase (positive). La présence de toxine se détecte habituellement par le test d'immunoprécipitation en milieu gélosé (test d'Elek), mais l'existence de réactions aspécifiques a nécessité la mise au point de la recherche directe du gène tox par amplification génique, réalisée par quelques laboratoires de référence (Laboratoire des identifications bactériennes, Institut Pasteur de Paris). Il faut signaler l'isolement en France de souches non toxinogènes à partir du tractus respiratoire, mais aussi d'infections systémiques dont de nombreux cas d'endocardites [41]. Le traitement antibiotique reste toujours basé sur les pénicillines ou l'érythromycine, mais une détermination des concentrations minimales inhibitrices (CMI) et éventuellement des concentrations minimales bactéricides (CMB) doit être effectuée en raison de l'observation récente de souches tolérantes vis-à-vis de la pénicilline G et de résistances à l'érythromycine ou à la rifampicine [41, 42]. Les espèces C. ulcerans et C. pseudotuberculosis ont la possibilité de produire la toxine diphtérique, mais la pathologie due à ces espèces est surtout du domaine vétérinaire.

Corynebacterium amycolatum

Cette espèce a été décrite en 1988 pour des corynébactéries assimilables au genre Corynebacterium mais qui ne possèdent pas d'acides mycoliques [43]. L'importance clinique de cette espèce a été sous-estimée en raison de la confusion de son identification avec les espèces C. xerosis et C. striatum dont les phénotypes biochimiques recouvrent ceux de C. amycolatum [44]. Il a été d'autre part démontré que cette espèce comprenait les groupes I-2 et F-2 des CDC [45]. Suite à ces travaux taxonomiques, il a été supposé que de nombreux cas d'infections initialement reliés à une souche multirésistante de C. xerosis étaient en fait dus à C. amycolatum [46, 47]. Nous avons pu déterminer que cette espèce formait une part importante des corynébactéries isolées en bactériologie médicale et pouvait être retrouvée à partir de prélèvements très divers [48]. Les tests biochimiques simples ne permettent pas toujours son identification (tableau 3), qui peut cependant être suspectée par l'aspect mat des colonies dont les bords sont irréguliers, à la différence des espèces C. striatum et C. minutissimum, biochimiquement très proches. L'isolement fréquent de C. amycolatum à partir de prélèvements cliniques tient surtout à une résistance fréquente à de nombreux antibiotiques (50 % de souches résistantes aux bêtalactamines, en milieu hospitalier). Cette espèce semble assez ubiquitaire chez l'homme et est parfois responsable d'infections survenant après des actes chirurgicaux, des gestes médicaux invasifs ou en présence de matériels étrangers [47].

Corynebacterium jeikeium et Corynebacterium urealyticum

Ces deux espèces ont été décrites respectivement à partir des anciens groupes JK et D-2. Il s'agit de bactéries saprophytes de la peau et des muqueuses qui présentent un besoin en lipides pour leur croissance. Il est donc nécessaire de supplémenter les milieux d'isolement par du sérum ou des lipides de synthèse et leur multirésistance aux antibiotiques a été mise à profit pour la confection de milieux sélectifs utilisés notamment pour la recherche de C. urealyticum dans les urines [47, 49]. Cette résistance à des antibiotiques majeurs, tels les bêtalactamines et les aminosides, permet leur développement et leur sélection en milieu hospitalier en donnant parfois des infections sévères chez des patients porteurs de matériels étrangers. C. jeikeium est responsable de bactériémies, d'endocardites, d'infections sur prothèse ou de méningites en milieu neurochirurgical [50]. C. urealyticum a un tropisme plutôt urinaire et provoque, en raison de sa très forte activité uréasique, des infections urinaires pouvant être compliquées de cystites à incrustations, de pyélonéphrites et d'endocardites [51]. L'isolement de ces espèces nécessite donc des milieux supplémentés en lipides qui doivent être utilisés en cas d'examen direct positif ou chez des malades présentant des facteurs de risques (réanimation, antibiothérapie prolongée ou chirurgie urologique pour C. urealyticum). Leur identification ne pose pas de problèmes majeurs bien que la différenciation entre C. jeikeium et les corynébactéries du groupe G nécessite la détermination du type respiratoire et de la fermentation du fructose (tableau 3). Ces deux espèces sont en général seulement sensibles aux glycopeptides et de sensibilité variable à la pristinamycine et à la rifampicine. Il a été montré que les souches de C. jeikeium les plus sensibles à l'ampicilline (de 5 à 10 % des souches) présentaient cependant des CMI entre 0,5 mg/l et 2 mg/l qui rendaient nécessaire une association d'antibiotiques pour le traitement des infections sévères dues à ce germe [52].

Autres espèces du genre Corynebacterium

Des travaux taxonomiques récents ont permis de constater que beaucoup de ces espèces ont un habitat spécifique pouvant être relié à une infection particulière.

À côté de C. jeikeium et C. urealyticum, les corynébactéries lipophiles sont constituées de l'espèce C. accolens qui est isolée principalement du tractus respiratoire, de C. macginleyi retrouvée à partir de prélèvements oculaires et des groupes G et F-1 qui sont plutôt saprophytes de la peau et du tractus urinaire [22]. Leur pouvoir pathogène semble assez faible bien que quelques infections dues à ces germes aient pu être décrites [9]. Parmi les espèces non lipophiles, certaines prédominent dans le tractus respiratoire telles que C. pseudodiphtheriticum, C. argentoratense, C. striatum et C. propinquum. L'espèce C. durum est assez atypique en raison de colonies irrégulières adhérentes à la gélose et de l'observation à l'examen microscopique de formes bacillaires filamenteuses [33]. Elle a été isolée essentiellement de lavages broncho-alvéolaires ensemencés sur un milieu BCYE pour recherche de Legionella mais semble exister à l'état saprophyte dans le nasopharynx. L'implication clinique de ces espèces isolées de prélèvements respiratoires doit être discutée en fonction de leur abondance à l'examen direct et à l'isolement ainsi que de la flore associée et de prélèvements positifs répétés.

Les espèces C. coyleæ, C. afermentans et C. minutissimum ont un tropisme cutané et sont fréquemment rencontrées comme contaminants d'hémocultures, la responsabilité de C. minutissimum dans l'érythrasma, infection cutanée bénigne, restant à démontrer. La spécificité de l'habitat de certaines corynébactéries est également notée pour l'espèce C. seminale, aussi nommée C. glucuronolyticum [9], qui n'est retrouvée que dans des prélèvements urogénitaux. Cette espèce semble être responsable de prostatites et d'uréthrites et constitue une part importante des corynébactéries isolées en quantité significative du sperme de patients consultant pour infertilité. On peut aussi citer l'espèce C. riegelii qui a été récemment décrite pour des corynébactéries isolées d'infections urinaires [36].

Les corynébactéries à croissance anaérobie préférentielle

Ces bactéries appartiennent aux genres Actinomyces, Arcanobacterium et Propionibacterium, auxquels on peut ajouter Propioniferax innocua et une espèce récemment décrite, Actinobaculum schaalii [54]. Leur croissance est optimale en anaérobiose mais certaines espèces représentant des anciens groupes taxonomiques des CDC, Actinomyces neuii (CDC groupe 1), Arcanobacterium bernardiæ (CDC groupe 2), ainsi que Actinomyces viscosus et Propionibacterium avidum se développent correctement en aérobiose et de manière parfois équivalente aux corynébactéries classiques. La classification s'est enrichie récemment des espèces Actinomyces graevenitzii, Actinomyces europeaus, Actinomyces radingæ et Actinomyces turicensis (CDC groupe E), toutes isolées de prélèvements humains. Le genre Arcanobacterium inclut A. haemolyticum mais contient maintenant les anciennes espèces Actinomyces pyogenes et Actinomyces bernardiæ [11]. La majorité de ces espèces montrent des colonies assez petites (1 mm) après 2 jours de culture, en donnant une hémolyse alpha sur gélose au sang. À l'examen microscopique, ces bactéries se présentent habituellement comme des fins bacilles à Gram positif montrant des branchements rudimentaires et sont parfois observées en chaînettes de 2 à 3 bacilles sans formations typiques en palissades (figure 2). Dans le cas des actinomycoses, l'examen direct des prélèvements permet de retrouver des bacilles ramifiés et regroupés sous forme de grains. Il faut enfin noter que les espèces Actinomyces radingæ et Arcanobacterium bernardiae montrent souvent des formes coccobacillaires pouvant évoquer des bactéries apparentées aux streptocoques.

L'identification biochimique repose actuellement sur des tests biochimiques exposés dans le tableau 4. Ces tests sont inclus dans la galerie API Coryne® qui peut donc être utilisée, bien que la majorité de ces espèces ne se trouve pas dans la base de donnée. La présence de catalase est constante pour les bactéries du genre Propionibacterium sauf pour P. propionicus (anciennement Arachnia propionica), alors qu'elle n'est retrouvée que pour deux espèces du genre Actinomyces. On peut noter que le genre Arcanobacterium contient, à l'exception de A. bernardiae des bactéries qui présentent une hémolyse beta nette sur gélose contenant du sang de mouton. L'espèce Propionibacterium avidum montre une hémolyse moins importante et plus diffuse. Le Camp test, réalisé sur une gélose au sang par culture du germe à tester à proximité de Staphylococcus aureus, permet l'identification d'Arcanobacterium haemolyticum en révélant pour cette espèce une inhibition de l'activité hémolytique de S. aureus (Camp test reverse positif). Les espèces décrites récemment forment en fait la majorité des Actinomyces isolées en bactériologie médicale [9].

Ces bactéries de croissance anaérobie préférentielle constituent une part très importante de la flore des muqueuses et sont souvent isolées d'abcès cutanés ou profonds en association avec une flore anaérobie polymorphe, mais certaines espèces sont liées à un processus pathologique particulier. On cite classiquement les actinomycoses dues à Actinomyces israelii ou à Actinomyces meyeri qui sont des suppurations subaiguës ou chroniques de sites cervico-faciaux, thoraciques, abdominaux ou pelviens et dont l'évolution vers la fistulisation est habituelle [55]. L'espèce Arcanobacterium hæmolyticum est responsable chez l'adolescent de pharyngites parfois associées à des fausses membranes et à un rash cutané pour la moitié des patients [56-58]. On retrouve cette espèce dans des lésions cutanées ulcéreuses et beaucoup plus rarement dans des cas d'endocardites. Toutes ces bactéries sont habituellement sensibles aux pénicillines qui restent le traitement habituel de l'actinomycose.

Les corynébactéries aérobies strictes

Une caractéristique majeure de ces bactéries est une croissance stricte en aérobiose se traduisant par une absence de fermentation des sucres. Certaines espèces du genre Corynebacterium isolées chez l'homme présentent ce type respiratoire (voir supra), mais la majorité des bactéries de type aérobie strict appartiennent à d'autres genres bactériens et sont le plus souvent isolées de l'environnement. On peut distinguer les genres possédant des acides mycoliques de ceux n'en possédant pas.

Les bactéries des genres Gordona, Rhodococcus, Dietzia et Tsukamurella (anciennement tous regroupés dans le genre Rhodococcus) possèdent des acides mycoliques dont la longueur des chaînes carbonées permet leur différenciation. Ces acides gras particuliers leur confèrent une résistance relative aux acides et aux alcools mise à profit pour une coloration dite de « Ziehl rapide » qui consiste en un contact de seulement 30 secondes avec ces agents. Cette coloration est surtout positive pour les genres Gordona et Tsukamurella (ainsi que pour le genre Nocardia, non traité ici) qui ont les chaînes carbonées les plus longues. La coloration classique de Ziehl reste négative. Il s'agit de bacilles à Gram positif irréguliers bien que les genres Rhodococcus et Dietzia montrent plutôt des formes coccobacillaires. Ils forment des colonies très souvent pigmentées en rose ou en orange, de croissance optimale en 3 à 4 jours. Rhodococcus equi présente des colonies caractéristiques, muqueuses, translucides et rose pâle.

L'identification de ces bactéries est assez difficile à partir des tests biochimiques qui sont très nombreux et qui nécessitent une lecture tardive. Il reste préférable de contacter un laboratoire de référence qui identifiera ces bactéries par la recherche des acides mycoliques ou par comparaison moléculaire. La pathologie associée à ces bactéries est dominée par Rhodococcus equi qui est responsable d'infections opportunistes, surtout chez le sujet immunodéprimé [58]. Il s'agit habituellement d'abcès pulmonaires pouvant essaimer par voie hématogène dans d'autres sites dont le cerveau. Les autres bactéries de ces genres sont plus fréquemment retrouvées dans des bactériémies survenant chez des patients porteurs de matériels étrangers [5, 59]. Le traitement des infections sévères dues à ces bactéries doit être basé sur les résultats de l'antibiogramme et sur une détermination de l'activité de diverses associations d'antibiotiques dans le cas d'infections à R. equi.

Les corynébactéries aérobies strictes appartenant aux genres Aureobacterium, Cellulomonas, Arthrobacter et Brevibacterium ne possèdent pas d'acides mycoliques mais proviennent également de l'environnement. Les espèces des deux premiers genres présentent des colonies jaunes et leur identification reste aléatoire, certaines de celles-ci ayant été définies à partir d'une seule souche [23]. Les bactéries du genre Brevibacterium donnent des colonies non pigmentées à forte odeur de fromage. L'identification de ces genres peut être suggérée à partir de quelques tests simples dont les hydrolyses de la gélatine et de l'esculine qui sont habituellement positives pour ces genres bactériens (tableau 2). Leur pathogénicité semble faible bien qu'il a été rapporté divers cas d'infections dues à ces germes [9].

Autres corynébactéries

L'espèce Rothia dentocariosa est considérée comme étant de type anaérobie facultatif bien que sa croissance en anaérobiose soit très faible. Elle est commensale de la cavité buccale et est souvent isolée de prélèvements respiratoires. Elle s'identifie facilement par ses colonies irrégulières se creusant au milieu et par des bacilles assez longs formant des branchements rudimentaires [33, 60]. Cette espèce est responsable d'abcès et d'endocardites [60].

Le genre Dermabacter comprend une seule espèce, D. hominis, qui est saprophyte de la peau et dont l'identification repose sur la présence d'une gélatinase et de l'hydrolyse de l'esculine. Cette espèce recouvre les groupes taxonomiques 3 et 5 des CDC [14].

CONCLUSION

Les corynébactéries forment une part importante de la flore commensale de la peau et des muqueuses et ont été, à l'exception de C. diphtheriæ considérées seulement comme des contaminants. Ce groupe bactérien, qui se définit par une morphologie commune, est en fait constitué par de nombreux genres et espèces qui présentent une très grande diversité, d'un point de vue bactériologique ou clinique. Les travaux taxonomiques récents ont affiné la classification et ont permis de démontrer une certaine spécificité d'habitat pour des espèces fréquemment rencontrées à partir de prélèvements cliniques. La pathologie de ces bactéries est encore dominée par la diphtérie, mais les récentes publications ont mis en lumière l'importance en bactériologie médicale de certaines espèces telles C. amycolatum, C. jeikeium, C. urealyticum, C. seminale et T. otitidis. Le développement de l'implantation de matériels étrangers, des techniques de réanimation et des antibiothérapies à large spectre chez des patients souvent fragilisés a favorisé l'apparition d'infections opportunistes dues à ces corynébactéries saprophytes dont certaines présentent une résistance multiple aux antibiotiques. Il s'avère maintenant indispensable qu'une identification exacte de ces bactéries soit effectuée dans le cas des études cliniques concernant des infections dans lesquelles sont impliquées ces bactéries, la diversité de ce groupe bactérien ne permettant plus de les rassembler sous un nom générique. Les futurs travaux devront ainsi préciser l'implication exacte de chacune des espèces dans différentes infections et devront élucider les mécanismes de leurs résistances aux antibiotiques. Une identification précise de ces bactéries se justifie en laboratoire de routine dès lors qu'elles se trouvent dans une situation potentiellement pathogène.

Article reçu le 9 décembre 1997, accepté le 26 janvier 1998.

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