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Annales de Biologie Clinique

Les corynébactéries, aspects bactériologiques et cliniques Volume 56, numéro 3, Mai-Juin 1998

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  • Auteur(s) : P. Riegel
  • Mots-clés : Corynébactéries – Identification – Infections.
  • Page(s) : 285-96
  • Année de parution : 1998

Les corynébactéries se définissent par une morphologie de bacilles irréguliers non sporulés qui présentent une coloration de Gram positive. En fait, cette dénomination recouvre des bactéries très distinctes que ce soit d’un point de vue taxonomique, écologique ou de la pathologie associée. Elles constituent une partie importante de la flore de la peau et des muqueuses et peuvent également se retrouver dans l’environnement. La description récente de nouvelles espèces rend possible maintenant l’identification de la majorité des corynébactéries isolées de prélèvements humains. L’association à certaines infections a pu être établie pour quelques-unes de ces nouvelles espèces. La pathologie est encore dominée par la diphtérie qui a resurgi récemment dans certains pays, mais d’autres corynébactéries, dont certaines présentent une multirésistance aux antibiotiques, peuvent être responsables d’infections nosocomiales. Ainsi, le pouvoir pathogène de Corynebacterium urealyticum a été reconnu dans des infections urinaires survenant en milieu urologique et Corynebacterium jeikeium est fréquemment retrouvée à partir de divers matériels implantés et peut être à l’origine de septicémies. D’autres corynébactéries ont pu être reliées à des infections, telles C. seminale responsable de prostatites, Turicella otitidis isolée d’otites moyennes aiguës et Arca-nobacterium haemolyticum qui est responsable de pharyngites chez l’adolescent. Enfin, les bactéries du genre Actinomyces sont classiquement les agents des actinomycoses, mais sont aussi responsables d’abcès en association avec une flore anaérobie. Les bactéries composant les actinomycètes aérobies, notamment Rhodococcus equi, ont été isolées d’infections opportunistes survenant le plus souvent chez des patients immunodéprimés. La classification actuelle permet d’identifier la majorité des corynébactéries isolées en bactériologie médicale. Cette identification doit être réalisée dès lors que ces bactéries sont en situation potentiellement pathogène.