John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

MENU

Standards, Options et Recommandations : Nutrition en situation palliative ou terminale de l'adulte porteur de cancer évolutif Volume 88, numéro 10, Octobre 2001

Auteurs
101, rue de Tolbiac, 75654 Paris Cedex 13.

Contexte. La Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC) et les Centres régionaux de lutte contre le cancer (CRLCC), en collaboration avec des partenaires des secteurs public (CHU, CHG), privé et certaines sociétés savantes ont entrepris, depuis 1993, d'élaborer des recommandations pour la pratique clinique en cancérologie : les « Standards, Options et Recommandations » (SOR). L'objectif de l'opération SOR est d'améliorer la qualité et l'efficience des soins aux patients atteints de cancer en fournissant aux praticiens une aide à la décision facilement utilisable. La méthodologie d'élaboration des SOR repose sur une revue et une analyse critique des données de la littérature scientifique par un groupe d'experts pluridisciplinaire, permettant de définir, sur la base du niveau de preuve scientifique et du jugement argumenté des experts, des « Standards », des « Options » et des « Recommandations ». Avant publication, les SOR sont revus par des experts indépendants. Objectifs. Définir, sur la base d'une revue de la littérature et de l'accord d'experts, des Standards, Options et Recommandations pour la nutrition en situation palliative ou terminale de l'adulte porteur de cancer évolutif. Méthodes. Un groupe pluridisciplinaire mis en place par la FNCLCC a revu les données scientifiques disponibles concernant la nutrition en situation palliative ou terminale de l'adulte porteur de cancer évolutif. Après sélection des articles, synthèse des résultats et rédaction des SOR, le document a été soumis pour relecture et approbation à 95 relecteurs indépendants. Résultats. Les principales recommandations pour la nutrition en situation palliative ou terminale de l'adulte porteur de cancer évolutif sont : 1) Les soins palliatifs et l'organisation de ces soins sont définis de façon consensuelle et régis par des textes réglementaires (standard). La prise en charge nutritionnelle est définie comme un soin de support et s'inscrit, en situation palliative, dans une prise en charge globale visant à maintenir ou restaurer le « bien-être » du patient (standard). 2) Les symptômes digestifs et les troubles nutritionnels sont fréquemment observés chez les patients porteurs de cancer évolutif au stade avancé (standard, niveau de preuve B2). L'indice de Karnofsky (KPS) et le performance status (PS) sont les scores fonctionnels ayant une valeur pronostique et devant être utilisés (standard, niveau de preuve B2). 3) L'anorexie est un facteur de mauvais pronostic chez le patient porteur de cancer évolutif au stade avancé (standard, niveau de preuve B2). 4) En France, les patients porteurs de cancer évolutif au stade avancé sont pris en charge par des établissements médicaux et médico-sociaux, par des unités de soins palliatifs ou à domicile (standard). Cette prise en charge doit être pluridisciplinaire (standard). Chaque fois que possible, les préférences des patients et/ou de leur famille doivent être respectées et faire l'objet d'un soutien adapté (standard). 5) Des conseils diététiques peuvent aider à l'enrichissement de la prise alimentaire et à la meilleure gestion des symptômes gênant l'alimentation (standard). 6) Le traitement médicamenteux des symptômes est souvent nécessaire à la prise en charge nutritionnelle palliative (standard). 7) La nutrition artificielle peut ralentir la dégradation nutritionnelle, éviter la déshydratation et améliorer la qualité de vie des malades porteurs de cancers avancés (plus particulièrement VADS pour la nutrition entérale et occlusions digestives pour la nutrition parentérale) et dont l'alimentation orale adaptée est impossible (standard, niveau de preuve C). 8) Lorsque l'espérance de vie du patient est inférieure à 3 mois et l'atteinte fonctionnelle permanente sévère (KPS ¾ 50 % ou PS > 2). La mise en route d'une nutrition artificielle n'est pas recommandée (recommandation, accord d'experts). 9) L'évaluation de la prise en charge nutritionnelle doit comporter la mesure de scores fonctionnels, de qualité de vie et du degré de satisfaction des patients ou de leur famille (standard, accord d'experts).