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Signalisation cellulaire en réponse au TGFbeta : le paradoxe d’une cytokine à la fois inhibitrice de la prolifération cellulaire et inductrice de métastases Volume 86, numéro 11, Novembre 1999

Auteur
IGMM/CNRS UMR 5535, 1919, route de Mende, 34293 Montpellier Cedex 5.

On connaît depuis longtemps les propriétés d’inhibiteur de prolifération cellulaire du facteur de croissance TGFbeta (transforming growth factor beta). Néanmoins, les études de ces dernières années ont montré que sa capacité à promouvoir le développement de la matrice extracellulaire pouvait également favoriser la formation de métastases à partir de tumeurs primaires. Des progrès majeurs dans la compréhension des mécanismes de signalisation par le TGFbeta ont été réalisés ces dernières années grâce à l’identification des protéines SMAD qui servent de navettes entre la membrane cellulaire et le noyau où elles régulent la transcription des gènes. L’activation de ces protéines SMAD inductibles repose sur une série de phosphorylations de résidus sérine qui permet le relais de la signalisation TGFbeta. D’autres membres de la famille des protéines SMAD agissent de façon antagoniste en aval de TGFbeta et participent en particulier à des boucles de rétrocontrôle. Le fait que les membres de la famille TGFbeta puissent être impliqués dans des processus biologiques aussi divers que le développement, la prolifération cellulaire et la réponse immunitaire peut s’expliquer par la complexité des mécanismes de régulation de la signalisation TGFbeta, qui impliquent à la fois des spécificités tissulaires et des synergies entre voies de signalisation distinctes. Enfin, la dualité fonctionnelle du TGFbeta comme inhibiteur de la prolifération cellulaire et inducteur de métastases ouvre de nouvelles perspectives pour l’utilisation des voies de signalisation TGFbeta comme cible de thérapies anticancéreuses.