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Bulletin du Cancer

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Scolarisation des jeunes porteurs de cancer Volume 94, numéro 4, Avril 2007

Auteurs
Inserm U558, Faculté de Médecine, 37, allées Jules-Guesde, 31073 Toulouse Cedex, Université Paul Sabatier, Département d’épidémiologie, économie de la santé et santé publique, 37 allées Jules-Guesde, 31073 Toulouse Cedex, Service médical du rectorat de Toulouse, 12, rue Mondran, 31400 Toulouse, Unité d’hémato-oncologie pédiatrique, CHU, 330 avenue de Grande-Bretagne BP 3119, 31026 Toulouse Cedex 3, Unité de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, CHU, 330 avenue de Grande-Bretagne BP 3119, 31026 Toulouse Cedex 3, CHU, Service d’épidémiologie, Faculté de Médecine, 37 allées Jules-Guesde, 31073 Toulouse Cedex

La scolarisation des jeunes atteints de cancer, comme celle des élèves malades ou en situation de handicap, se heurte à certains obstacles. Les données publiées sur ce sujet dans la littérature médicale proviennent essentiellement d’études anglo-saxonnes. La maladie et ses traitements peuvent engendrer des difficultés, directes (d’apprentissage, handicap…) ou indirectes (discriminations…). Interruptions et échecs scolaires pèsent sur l’avenir des adolescents atteints de cancer ; maintenir la scolarisation permet non seulement d’éviter le retard scolaire mais aussi de retrouver certains repères d’identité à travers le statut d’élève. La diversité de l’organisation des traitements engendrant des besoins de scolarisation différents, trois types d’enseignement sont proposés : à l’hôpital (lors des hospitalisations), à domicile (plutôt pendant la convalescence) ou dans l’établissement scolaire d’origine. La scolarisation fait l’objet d’un consensus dans la communauté d’oncologie pédiatrique qui souligne l’importance des liens entre équipes hospitalière et pédagogique (avec accord des parents) et préconise la rédaction d’un livret d’information pour les enseignants d’origine. Le retour de l’élève dans sa classe est recommandé dès que possible. Pendant la maladie, la présence en classe dépend de l’état général, de son évolution et des traitements. Les absences scolaires, inévitables lors du traitement et problématiques l’année du diagnostic, sont souvent associées à des difficultés scolaires ou à un risque accru d’échec. Si beaucoup d’élèves atteints de cancer s’inquiètent d’éventuelles difficultés lors du retour à l’école, celles-ci restent rares. À plus long terme, le niveau d’études des survivants d’un cancer dans l’enfance ne diffère globalement pas de celui de la population générale. Une meilleure connaissance de la scolarisation des jeunes atteints de cancer en France nécessiterait de réaliser des études multicentriques, centrées sur les adolescents et se poursuivant à long terme.