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Bulletin du Cancer

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Rôle clé de l’endocrinologie dans la victoire contre le cancer de la prostate Volume 93, numéro 9, Septembre 2006

Auteur
Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université Laval, 2705 boulevard Laurier, Québec, Québec, G1V 4G2, Canada
  • Mots-clés : endocrinologie, cancer de la prostate
  • Page(s) : 949-58
  • Année de parution : 2006

Les données résumées ci-dessous nous indiquent qu’avec les méthodes de dépistage et l’application de traitements maintenant à la portée de tous, le décès dû au cancer de la prostate devrait être une exception. L’on estime que 3 millions d’hommes vivant actuellement en Amérique du Nord décéderont du cancer de la prostate si le taux de décès dus à cette maladie demeure inchangé. La diminution de 64 % du taux de décès enregistrée dans l’étude de dépistage effectuée à Québec correspondrait à sauver la vie de 2 millions d’hommes si la même approche était appliquée de façon générale en Amérique du Nord alors qu’une diminution de 25 % a été observée de 1992 à 2002 aux États-Unis, ce qui est déjà remarquable. Les traitements hormonaux découverts et développés au centre hospitalier de l’Université Laval sont la castration chimique avec les agonistes de la GnRH (hormone libératrice des gonadotropines) et le blocage androgénique combiné qui associe la castration (chimique ou chirurgicale) avec un anti-androgène pur (flutamide, bicalutamide ou nilutamide). Les résultats d’une méta-analyse montrent une diminution des décès du tiers après dix années de suivi suite au traitement du cancer de la prostate non métastatique avec les agonistes de la GnRH ou la monothérapie alors que la diminution des décès est d’au moins 90 % suite à l’utilisation du blocage androgénique combiné dans la même catégorie de patients. Par ailleurs, en comparant avec la castration seule, le blocage androgénique combiné est le premier traitement démontré dans des études prospectives et randomisées comme prolongeant la vie dans le cancer de la prostate, ce qui en fait le traitement hormonal de choix à travers le monde. Bien sûr, le traitement hormonal comporte des effets secondaires mais ces derniers doivent être mis en perspective avec les effets secondaires associés à d’autres traitements utilisés dans d’autres cancers, spécialement la chimiothérapie. Ces effets secondaires prennent également moins d’importance lorsque l’on considère l’efficacité exceptionnelle du traitement hormonal combiné dans le cancer localisé de la prostate où la guérison peut être obtenue dans au moins 90 % des cas, démontrant ainsi que la victoire contre le cancer de la prostate est une réalité.