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Bulletin du Cancer

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Protéases des cellules stromales réactionnelles du cancer : une cible thérapeutique attrayante Volume 93, numéro 9, Septembre 2006

Auteurs
Services d’anatomopathologie, Centre hospitalier universitaire de Québec, l’Hôtel-Dieu de Québec, Université Laval, 11, Côte du Palais, Québec, Canada G1R 2J6, Service de radio-oncologie, Centre hospitalier universitaire de Québec, l’Hôtel-Dieu de Québec, Université Laval, 11, Côte du Palais, Québec, Canada G1R 2J6, Centre de recherche en cancérologie, Centre hospitalier universitaire de Québec, l’Hôtel-Dieu de Québec, Université Laval, 11, Côte du Palais, Québec, Canada G1R 2J6
  • Mots-clés : protéases, fibroblastes, cancer, métalloprotéinases
  • Page(s) : 944-8
  • Année de parution : 2006

Les cellules stromales qui accompagnent le cancer, ou cellules stromales réactionnelles, sont constituées de cellules endothéliales et inflammatoires mais également de cellules fusiformes, tels les fibroblastes et les myofibroblastes. En plus d’un rôle de charpente du tissu cancéreux, ces cellules participent activement à la nutrition et à la progression tumorale par le biais de la néoangiogenèse et de la production de différentes substances incluant plusieurs protéases. Certaines protéases (MMP14, MMP11, FAP, uPA) sont produites presque exclusivement par ces cellules stromales associées au cancer. Les cellules cancéreuses et stromales interagissent et plusieurs protéases sont impliquées dans cet échange. Plusieurs molécules (TGFβ, PDGF, EMMPRIN) produites par les cellules cancéreuses agissent sur l’expression de protéases du stroma dont certaines vont stimuler les cellules cancéreuses en se liant à un récepteur (par exemple, MMP2 et intégrine αvβ3). Nous avons démontré que la surexpression de certaines protéases par ces cellules stromales (cathepsine D, MMP11, MMP14) entraînait une évolution défavorable dans le cancer du sein. Des études ont également identifié des caractéristiques phénotypiques et génotypiques différentes entre les cellules stromales réactionnelles et les fibroblastes du tissu normal et nous avons démontré que ces cellules réactionnelles répondent différemment aux mêmes stimulations selon les individus. Ces résultats appuient donc l’hypothèse selon laquelle le comportement biologique du cancer ne dépend pas uniquement des caractéristiques des cellules cancéreuses mais également de celles des cellules réactionnelles propres à chaque patient et que des tumeurs comparables chez deux individus peuvent présenter un comportement biologique différent. Ces études soulignent l’intérêt clinique à caractériser les cellules stromales réactionnelles du cancer en raison du potentiel de cible thérapeutique qu’elles représentent. De plus, les cellules stromales devraient être génétiquement plus stables que les cellules cancéreuses et, en théorie, moins sujettes à subir des mutations et à résister au traitement.