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Bulletin du Cancer

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Prévention des cancers par les médecins généralistes de Picardie : résultats d’une enquête de type déclarative Volume 91, numéro 10, Octobre 2004

Auteurs
Service d’information médicale, épidémiologie et biostatistiques, Hôpital Nord, CHU, place Pauchet, 80054 Amiens Cedex 1
  • Mots-clés : cancer, prévention, médecin généraliste, prévention primaire, dépistage
  • Page(s) : 785-91
  • Année de parution : 2004

En France, les cancers sont la cause la plus importante de décès chez les hommes et les femmes de 35 à 65 ans. La Picardie est une région en sur-incidence de cancers par rapport à la moyenne nationale. Le médecin généraliste (MG) apparaît comme un acteur important de la prévention des cancers, qu’elle soit primaire ou secondaire (dépistage). Le but de cette enquête était de décrire les attitudes des médecins face aux facteurs de risque majeurs que sont le tabac et l’alcool ou l’alimentation en particulier et face aux dépistages les plus courants (cancer du sein, du col de l’utérus, du côlon-rectum et de la prostate). Un questionnaire portant sur la prévention primaire et le dépistage des cancers par le MG a été adressé à l’ensemble des médecins de Picardie ; 503 ont accepté de participer à cette enquête et 480 questionnaires ont été analysées (31 %). Les questions portaient sur la prévention primaire (alcool, tabac, alimentation, soleil…) et le dépistage des cancers (sein, col de l’utérus, côlon-rectum, prostate et autres cancers). Les médecins étaient également interrogés sur la perception qu’ils avaient de ces actions de prévention et les difficultés qu’ils rencontraient dans leur réalisation. L’action la plus structurée semble être la lutte contre le tabagisme en ce qui concerne la prévention primaire, plus que la prévention de l’alcoolisme ou les conseils alimentaires pour lesquels les médecins semblent éprouver plus de difficultés. Une grande diversité de comportement est également observée en ce qui concerne les dépistages, et cela même pour les cancers qui font l’objet de recommandations claires comme le cancer du sein ou du col de l’utérus. On constate par exemple que le dépistage des cancers de la prostate par dosage de l’antigène spécifique prostatique est pratiqué de façon massive (91 % des médecins) mais que seulement 5 % des médecins possèdent des tests Hémoccult II ® qu’ils utilisent comme test de dépistage. Enfin un tiers des médecins disent dépister les cancers de la peau visuellement une fois par an. Les MG semblent réceptifs à la prévention des cancers mais rencontrent de nombreuses difficultés dans sa réalisation quotidienne par manque de temps ou mauvaise adhésion de leurs patients. L’analyse des facteurs pouvant expliquer en particulier le non-respect des recommandations professionnelles apparaît nécessaire de même que la mesure de leurs pratiques réelles.