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Bulletin du Cancer

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Place en oncologie des compléments et suppléments en antioxydants en sus d’un régime équilibre ; revue générale de la littérature Volume 96, numéro 6, juin 2009

Auteurs
Groupe AERIO, 149, avenue du Maine, 75014 Paris, Service d’oncologie médicale, Hôtel-Dieu, Paris

S’il est actuellement admis que la consommation de fruits et de légumes réduit le risque de cancer d’environ 30 %, les composants anticarcinogènes de l’alimentation restent à déterminer. Les antioxydants sont abondamment présents dans les fruits et légumes et le rôle reconnu du stress oxydant dans l’oncogenèse constitue un rationnel pour leur utilisation en prévention du cancer. De nombreuses études observationnelles et interventionnelles ont permis d’observer des résultats discordants. Deux essais d’envergure (CARET et ABTC) ont par exemple montré que le risque de cancer broncho-pulmonaire pouvait être augmenté au lieu d’être réduit par une supplémentation en bêta-carotène chez les fumeurs. L’analyse globale de ces différentes études par les méta-analyses est utile. Celles rassemblant les essais de supplémentation en prévention primaire ou tertiaire n’ont pas montré de bénéfice sur la survie globale quelque soit la localisation tumorale étudiée et l’antioxydant évalué. Celles évaluant l’effet des antioxydants non médicamenteux pris pendant les traitements anticancéreux (chimiothérapie ou radiothérapie) indiquent que si l’objectif d’atténuation des effets secondaires peut être parfois atteint, le risque de progression tumorale et d’augmentation de la mortalité ne doit pas être négligé. Une supplémentation prophylactique en antioxydants ne saurait donc être recommandée en raison de l’absence de preuve formelle d’efficacité et du risque potentiel de surmortalité. La meilleure attitude nutritionnelle de prévention du risque de cancer reste une alimentation variée et équilibrée en fruits et légumes qui doit être promue à tous les niveaux.