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Bulletin du Cancer

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L’oncologie médicale : le point de vue des internes de spécialités Volume 87, numéro spécial 9, FMC 4, Septembre 2000

Auteurs
AERIO, 7, rue François-Mouthon, 75015 Paris
  • Page(s) : 4
  • Année de parution : 2000

L’oncologie médicale n’est pas une vieille spécialité. Le DES fut créé en 1989. Cette création est le fruit d’une constatation faite par certains de nos aînés au début des années quatre-vingts : le nombre de pathologies néoplasiques est en augmentation croissante (seconde cause de mortalité en France après les maladies cardiovasculaires) et la prise en charge des patients qui en sont atteints nécessite une collaboration étroite entre les chirurgiens, les radiothérapeutes et les médecins qui s’occupent de chimiothérapie et de nouvelles drogues (l’immunothérapie était en plein essor à l’époque). Ce constat de départ est toujours d’actualité. Les attitudes thérapeutiques vis-à-vis de la majorité de ces cancers intègrent la plupart du temps une approche pluridisciplinaire. Il est établi que la chimiothérapie, qui ne guérit pour l’instant qu’un trop faible nombre de patients, permet au moins des survies prolongées dans un grand nombre de cas. Le long suivi de ces patients doit être assuré par des médecins spécialisés. De plus, l’apparition récente d’un grand nombre de nouveaux médicaments (cytotoxiques) et l’arrivée prochaine de nouveaux modes de prise en charge (inhibiteur de la croissance cellulaire, anti-angiogenèse, détermination de facteurs pronostiques biologiques individualisés) nécessitent un important effort d’adaptation des conduites médicales en termes de décision thérapeutique et de gestion quotidienne des maladies. C’est dans cet esprit (approche pluridisciplinaire « horizontale », formation aux essais thérapeutiques et à l’expérimentation) que la spécialité a été créée et que les internes choisissent cette voie. Les DES se déroulent sur 8 semestres, dont 3 au moins doivent être réalisés dans des services d’oncologie médicale, 1 en radiothérapie et 1 en hématologie. Cinq des huit semestres sont donc imposés, d’où une structure un peu rigide (ce qui n’est pas forcément considéré comme un défaut). Ces stages sont pour la plupart denses en termes de nombre d’heures passées en salle, ce qui laisse malheureusement souvent peu de temps pour la formation théorique. Cette situation, qui n’est pas exceptionnelle pendant un internat de spécialité, est particulièrement mal vécue chez des internes qui, par ailleurs, sont tenus de publier et de suivre une formation à la recherche (au minimum un DEA, de plus en plus souvent une thèse de science ou un équivalent américain) pour prétendre à de très rares postes de CCA (moins de un poste pour cinq internes, dans une spécialité peu représentée à la faculté). Pour compléter l’enseignement théorique délivré dans le cadre de notre DES, nous avons mis en place un système de formation continue. Cette formation repose sur l’organisation de séances de bibliographie mensuelles. Lors de ces soirées, qui se déroulent dans un climat de grande convivialité, les internes présentent à tour de rôle des articles de la littérature sous l’œil critique d’un « référent » qui nous guide préalablement dans le choix des articles. La présence d’un senior permet de faire la lumière sur les aspects historiques et surtout prospectifs du sujet. Cette méthode a largement été plébiscitée par nos collègues et les seniors invités à nos réunions pour la qualité des interventions et pour la possibilité donnée aux futurs praticiens d’oncologie (médicale et radiothérapie) de faire connaissance et de communiquer, ce qui nous paraît important dans notre spécialité. Ces soirées sont ouvertes à tous les internes intéressés par le sujet du jour (chirurgiens, pathologistes et spécialistes d’organe) et leur présence est souvent très motivante. Devant le succès rencontré, nous avons depuis trois ans étendu le domaine d’activité de notre groupe, qui est devenu depuis l’AERIO (Association d’enseignement et de recherche des internes en oncologie). Cette association organise l’envoi mensuel de bibliographies (intéressantes) à tous les internes d’oncologie et de radiothérapie d’Île-de-France et de province. De plus en plus d’internes sont intéressés par son mode de fonctionnement. L’AERIO, dont l’activité se développe régulièrement, offre maintenant : une aide de secrétariat pour la rédaction d’une thèse ou de publications, des places dans les congrès nationaux et surtout internationaux (AACR, ASCO, ESMO…), la possibilité de publier, grâce à des accords passés avec des éditeurs, un journal qui centralise les offres de remplacement et de postes hospitaliers et qui donne les dates des réunions. Actuellement, notre association compte 230 membres incluant les chefs de clinique assistants. Mais la réalisation dont nous sommes le plus fier est la mise en place d’une session spéciale pour les jeunes oncologues à l’ASCO depuis 1998 (le grand congrès annuel américain des cancérologues) où nous pouvons rencontrer nos collègues du monde entier. L’AERIO a été représentée par un stand de rencontre lors du dernier congrès de l’ESMO (6-10 novembre 1998) et du 9e congrès du SOMPS en février 1999. Cette ouverture européenne est le début d’échanges scientifiques et/ou médicaux avec nos collègues européens, comme il est prévu lors du prochain congrès de l’ESMO à Hambourg.