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Bulletin du Cancer

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Les mésothéliomes malins de la plèvre Volume 86, numéro spécial 10, Supplément FMC numéro 3, Octobre 1999

Auteurs
Institut Gustave-Roussy, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif.

Le mésothéliome malin de la plèvre est une tumeur rare dans la population générale. L'exposition à l'amiante reste le facteur de risque principal, retrouvé chez 72 à 95 % des patients. Son diagnostic en est difficile. Les symptômes sont pauvres, avec le plus souvent une pleurésie chronique, avec dyspnée, associée à des douleurs locales, thoraciques. Le diagnostic histologique est fait sur des biopsies réalisées au cours d'une thoracoscopie. L'analyse du profil histochimique (PAS-D, hyaluronidase), l'emploi de méthodes immunohistochimiques (kératine, ACE, vimentine, Leu-M1) et la microscopie électronique peuvent faciliter le diagnostic. Il existe trois types histologiques de mésothéliome : épithélial, sarcomatoïde et mixte. Le bilan d'extension repose sur un scanner thoracique, afin d'apprécier l'extension locale de la tumeur, ses rapports avec les structures de voisinage et une éventuelle extension glanglionnaire. Il existe plusieurs classifications du mésothéliome, celle de Butchart et celle de l'International Mesothelioma Interest Group. Les facteurs pronostiques significatifs, en analyse multivariée, sont : le stade de la maladie, le type histologique de la tumeur et l'indice de performance du patient. Les traitements conventionnels n'ont pas démontré d'impact sur le mode évolutif de la maladie. La chirurgie radicale, type pleuropneumonectomie, n'est envisagée que chez les sujets présentant un stade précoce de la maladie. La chimiothérapie, en monothérapie ou en association, reste décevante avec des taux de réponses objectives de 20 à 30 %, dans le meilleur des cas. La radiothérapie curative est limitée, compte tenu de l'importance du volume cible et de la proximité d'organes critiques (poumon, cœur). Seule la radiothérapie préventive, au niveau des cicatrices, points de ponctions et trajets de drains, fait partie des recommandations établies. L'immunothérapie systémique ou intracavitaire reste limitée compte tenu des complications, notamment infectieuses. Les diverses options thérapeutiques devront être proposées dans le cadre d'essais thérapeutiques.