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Bulletin du Cancer

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Les difficultés de la prise en charge par la morphine de la douleur en cancérologie : expérience ivoirienne Volume 96, numéro 6, juin 2009

Auteurs
Service de cancérologie, CHU de Treichville, BP V3, Abidjan, Côte d’Ivoire

Signe fonctionnel le plus fréquemment rencontré en cancérologie, la douleur concerne environ 60 % des patients atteints de cancer. Elle est insuffisamment prise en compte, surtout dans les pays en développement. Elle altère considérablement la qualité de vie des patients et impose une prise en charge adéquate pouvant inclure, lorsque cela s’avère nécessaire, la morphine.ObjectifDéterminer les difficultés de prise en charge de la douleur, notamment par la morphine, afin de proposer des solutions.MéthodesÉtude prospective sur six mois au service de cancérologie du CHU de Treichville. Cent vingt patients inclus qui ont bénéficié d’un interrogatoire, d’un examen physique avec évaluation de la douleur par l’EVA.RésultatsLa douleur chronique était retrouvée chez 96 patients (80 %), nociceptive chez 48 malades (50 %) et mixte chez 19 malades (20 %). Cinquante-quatre indications de morphine ont été posées (80 %) dont seulement 27 prescriptions. Une des raisons était la crainte de certains médecins. Seulement, huit prescriptions ont été honorées. Les problèmes de disponibilité étaient évoqués chez six patients et les difficultés financières chez les autres. Aucun effet indésirable n’a été relevé.ConclusionLa morphine constitue une pièce maîtresse dans la prise en charge de la douleur du patient atteint de cancer. En Côte d’Ivoire, le développement des soins palliatifs a permis de débuter, à travers des ateliers nationaux, un plaidoyer pour la disponibilité et l’accessibilité géographique et financière de la morphine (surtout de la poudre de morphine), lorsque l’indication se pose.